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Manhattan, people and locations Short stories sur New York, les gens, les lieux. Vision new yorkaise d'un écrivain.

84 articles avec people and locations

L'âme soeur

Ann F Border
L'âme soeur
L'âme soeur

Mark pensait à la boite dans la poche intérieure de sa veste. Il se demandait si c’était le moment de l’ouvrir. N’y aurait-il pas de moments plus graves encore ? Il devait réfléchir vite. Le type qui le menaçait avec un couteau criait de plus en plus fort, cependant, il ne semblait pas tenir sur ses jambes et transpirait comme en plein été. Le russe avait été clair. La boite ne lui sauverait la vie qu’une seule et unique fois. Après l’avoir ouverte, elle n’aurait plus de pouvoirs et redeviendrait un simple objet. Le russe : Feliks Rastorgouïev. Il n’avait jamais oublié son nom, bien qu’il ne fût...

You're new here

Ann F Border
You're new here
You're new here

Elle s’assoit sur les marches d’une Brownstone de Mt Morris Park West. Elle regarde l’heure sur son téléphone. 2h36. Un nuage noir recouvre lentement le soleil et s’immobilise parce que le vent qui le déplaçait a changé de couloir. Des sons lui parviennent de l’immeuble. Des voix d’hommes et de femmes, des bruits de vaisselle, des aboiements, la voix terminale de Gil Scott Heron. I’m new here. Elle ne ferait pas ça. Retourner sur ses pas. Qui le ferait ? 2h38. Un homme qu'elle a croisé dans le parc, passe sur le trottoir. Il lui fait un signe rapide de la main. Elle lui répond. Plus loin, il salue...

Sally's hands

Ann F Border
Sally's hands
Sally's hands

Il avait assez d’argent pour s’acheter un hot-dog et un soda. Ou deux hot-dog et un café. Il opta pour deux hot-dog. Un qu’il achèterait tout de suite et un plus tard dans la journée. Seulement il était possible qu’il perde son argent entre temps, et qu’il ne puisse pas acheter le deuxième hot-dog. Perdre des billets, ça lui était déjà arrivé sans qu’il sache comment. Alors, maintenant il se méfiait. Il hésitait aussi pour le café, tout de suite ou plus tard. Il décida de se faire quelques dollars supplémentaires avant de prendre une décision. Il mettrait ceux-là dans sa doublure et pourra se payer...

L'heure bleue

Ann F Border
L'heure bleue
L'heure bleue

Je me demandais si oui ou non je devais me retourner. Il m’avait dit : je vous suivrais un moment. Jusqu’au coin de la rue. Il n’avait pas l’air dangereux, juste un peu dérangé. Mes pas étaient doublés par les siens. Mais pas toujours. Il devait s’arrêter parfois pour reprendre son souffle car je marchais vite. Un souffle usé. J’avais dépassé le coin de la rue depuis longtemps. Il me suivait toujours. Ou peut-être que non. Il allait dans la même direction que moi. Je n’allais nulle part. Je prenais quelquefois à gauche, quelquefois à droite ou j’avançais tout droit. Hé ! Il le répéta plusieurs...

La mer jamais personne

Ann F Border
La mer jamais personne
La mer jamais personne

Un arbre tordu Une porte une vue sur la mer un sac de cuir Une porte scellée une tête penchée Une avenue une corde en acier un homme qui court Une corde portée autour du cou Un arbre tordu Une phrase meurtrière Redis-la pour voir Tu crois que ça me fait peur ? Jamais Une porte autour du cou une avenue sous les genoux Un homme qui court vers Une vue sur la mer Un homme qui porte une National Il parle pour lui-même Redis-la pour voir Redis-la pour voir Jamais Une vue sur la mer Ca peut-être n’importe quoi Un panneau publicitaire Une odeur Maritimes Un poisson mort Une frise de glace dans la rigole...

Don't be sad

Ann F Border
Don't be sad
Don't be sad

April Katische s’assoit au pied du banc. Le dos contre l’assise. A cause de l’homme qui dort dessus. C’est son banc à elle, et bien que deux ou trois autres soient libres alentour, elle n’en fait pas de cas. Le dormeur finira pas se réveiller. Dans le cas contraire, ça signifie qu’il ne dort pas. Elle n’aura plus qu’à revenir demain, quand tout ce qui se fait dans ce cas- là aura été fait. Elle connait ce banc par cœur. Les estafilades, la peinture écaillée, les boursouflures, les déformations, le fuck et le love gravé au couteau, l’un au dessus de l’autre sur une lamelle. La première fois qu’elle...

Une idée vague du terrain

Ann F Border
Une idée vague du terrain
Une idée vague du terrain

Le chien allait et venait le long du terrain vague, pissait contres les planches de la barricade qui en interdisait l’entrée, passait la tête entre celles qui étaient ajourées et aboyait en direction des ouvriers du chantier. Il grognait en découvrant des dents jaunies qui donnaient une idée de son âge. « Ta gueule, Mitch ! », lui dit Debra. Le chien s’immobilisa, regarda sa maitresse d’un air stupide, fourra de nouveau sa tête entre les jours de la barrière et aboya de plus belle parce que ta gueule ! signifiait pour lui : « Ouvre-la plus grand. » Debra haussa les épaules et ne prêta plus attention...

A l'angle de Water et de Dover

Ann F Border
A l'angle de Water et de Dover
A l'angle de Water et de Dover

Il marchait depuis une heure. Sa main droite était engourdie parce qu’elle serrait un sac en plastique contenant quatre bouteilles de bière pleines. Il traversa le pont et décida de bifurquer vers Fulton Street. Il n’aimait pas ce qu’était devenu le quartier du South Street Seaport. Les boutiques chics ou cheap, les restaurants italiens. Les noms peints sur les façades de briques comme sur des pierres tombales. A New York, il ne fallait pas s’attacher. Le passé était enfoui sous de nouveaux matériaux, de nouvelles histoires, de nouveaux langages. Il subsistait une toute petite trace de chaque chose...

Une belle année

Ann F Border
Une belle année
Une belle année

Wyatt Dumond s’attarde devant la vitrine de The Christmas Cottage. Une femme s’en approche et la regarde à son tour. -Je déteste les fêtes de Noël lui dit-il, regrettant aussitôt de l'aborder avec une envolée si peu appropriée au lieu et à la saison. - Moi aussi lui répond-elle contre toute attente. C’est tout les ans la même chose… - Les boules géantes sur la Cinquième… - Sur la Sixième. - Quoi la Sixième ? - Les boules, c’est sur la Sixième. - Ouais. Et Le sapin du Rockefeller… je n’en peux plus du sapin du Rockefeller. - A chaque fois que je passe devant, j’imagine le trou béant qu’il a laissé...

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