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Manhattan, people and locations Short stories sur New York, les gens, les lieux. Vision new yorkaise d'un écrivain.

15 articles avec lunch poem

Lunch Poem *15

Ann F Border
Lunch Poem *15
Lunch Poem *15

Près des piliers, les passagers attendent l’arrivée du pont. Ils prennent de nouvelles dispositions, s’y tiennent et piétinent en se tenant la poitrine et en essuyant le cadran de leur montre à intervalles réguliers. Leurs respirations disparaissent en bulles attractives, montant vers la surface. Quelques unes éclatent contre l’aspérité d’une pierre. En changeant de jambe d’appui, ils mettent leurs enfants en garde contre le rebord tranchant des calandres métalliques. Les gosses s’y blessent quand même. Légèrement. Leur sang se dilue dans l’eau saumâtre de la rivière qui se rêve humaine un bref...

Lunch poem *14

Ann F Border
Lunch poem *14
Lunch poem *14

La nuit n’existe pas quand on veut qu’elle existe Ou La nuit existe pour les affamés La nuit noire solaire ondulant au dessus d’un taxi jaune Si on veut La nuit étendue sur une banquette douteuse à chercher sur un plan Une rue dans une langue étrangère De Manhattan S’assurer de nouveau qu’aucune ne porte le nom d’un mort Qui peut croire à ça Sans en rire Que les nombres rassurent La nuit aveuglante de Manhattan n’existe pas si on veut qu’elle existe Ou Qui peut croire qu’une ville existe Qui peut vouloir y dormir quand Les êtres rampent sous les fenêtres double-vitrées La nuit existe quand on veut...

Lunch Poem *13

Ann F Border
Lunch Poem *13
Lunch Poem *13

L’heure se rapproche timidement de la nuit. Une nuit qu’il faut deviner. Définir par son agitation. Une agitation qu’il faut définir comme étant celle de la nuit. Rien qui la compare au jour. Les rampes lumineuses rapetissent les corps. Les faisceaux transpercent les organes tendres et plus rien ne subsiste d’éventuels épanchements. On frappe, on crie, on fuit, on tue. On se lève sans souvenirs. On ne se relève pas. On abandonne sa mémoire sur les bancs lisses des cathédrales encastrées. On se demande ce qui est arrivé. On interroge les passants : Qu’est-il arrivé ? Ils haussent les sourcils, mais...

Lunch Poem *12

Ann F Border
Lunch Poem *12
Lunch Poem *12

Ses yeux ne se résolvent pas à se tourner vers moi, malgré mes simagrées et mes gestes explicites. Je suis là. À l’angle de... parce qu’il y a forcément quelque chose qui s’y passe. Un homme qui meurt ou autre chose. Avec les morts, on ne peut pas se tromper. L’air me donne la nausée. Je tremble à cause de la migraine. Elle s’en fout. Elle fabrique un ange sur la neige crasseuse. Un ange crasseux avec une aile plus enfoncée dans la terre que l’autre. Après, elle va gueuler dans les quartiers pauvres. Donnez-moi du temps, donnez-moi du temps, tout votre foutu temps gaspillé ! J’ai des erreurs à...

Lunch Poem *11

Ann F Border
Lunch Poem *11
Lunch Poem *11

Ce n’est rien. C’est New York. Le jour à peine levé toute la journée. De la poudre (y a qu’à se baisser) aux yeux de ceux qui s’allongent dans les rectangles saisonniers. Le torse dénudé, souriants à cause du soleil imaginé. On s’égare si on s’en éloigne parce que tout s’effondre au fur et à mesure. Allongés, frissonnants. Ce n’est rien, c’est New York. Si l’air passe, les bruits passent au travers des pièces mal entretenues. Dehors n’est pas pire. On peut enfin espérer n’être rien pour de bon. Frissonnants sous le soleil des rêves. Jaune vif avec des rayons descendants jusque sur les visages maternels....

Lunch Poem *10

Ann F Border
Lunch Poem *10
Lunch Poem *10

Ne rien faire, penser comme en hiver. Dans le parc regarder le manège clos tourner. Ne rien faire. Ne pas s’en faire. Se souvenir de quelque chose. Un objet. Le tenir dans la main. Le serrer. Une pierre. Une pierre ramassée, sauvée de la nature. Déplacée, abandonnée. Ramassée dans l’allée. Une pierre tenue toute une journée. Le manège tourne. Le regarder encore. Des enfants sur des chevaux vivants. Ce qui compte c’est ce qu’ils pensent. Des chevaux vivants. Une prairie. Une ville bâtie dans la nuit à cause de l’or toute proche. Enfouie dans des grottes indiennes. Des cimetières. Des enfants avec...

Lunch Poem *9

Ann F Border
Lunch Poem *9
Lunch Poem *9

Un terrain vague. Vu des fenêtres du bâtiment, il ne s’y passe rien. Le bâtiment porte un nom. A. Je fais un mot avec la lettre. Assassin. Si c’est A, c’est assassin. Il ne reste pas beaucoup de mots. Il faut faire avec. Il reste des assassins. Un terrain vague souvent dans le brouillard à cause de la géographie des lieux. Une femme le traverse et ses jambes soulèvent de la fumée. Une fumée lourde qui peine à se déplacer. Je ne sais pas dire si c’est joli à regarder. C’est triste. A cause de la femme qui se retourne souvent. Sur son passé. Elle ressemble à un ange qui aurait perdu un organe essentiel....

Lunch Poem *8

Mary and Co
Lunch Poem *8
Lunch Poem *8

La peau sur les os, mon Frère. La peau et les os et les dieux dans le ciel qui s’échangent leurs anges, pour ne pas passer une angoissante nuit supplémentaire. Avec leur manège, j’ai les membres brisés. C’est à peine si je marche, à l’heure où je te parle. Et voler, je laisse ça à d’autres, dorénavant. Aussi beau que je fus, je n’en meure pas moins. Aussi belle ? Qui le sait. A part toi, mon Frère. Tu as a volé plus que moi. Plus de richesses te reviennent, car tes yeux voient encore. Moi, je me satisfais des marbrures rosâtres d’un parquet de chambre commune. Oublie que j’ai souri plus souvent...

Arch 11. Lunch Poem *7

Mary and Co
Arch 11. Lunch Poem *7
Arch 11. Lunch Poem *7

J'ai rendez-vous ici. À quelle heure, bordel ? Une heure juste, c'est sûr. Vous êtes comme ça. Vous ne vous trompez sur rien. Elle doit être parfaitement alignée sur un méridien. Une heure entre le lever du jour et le zénith. Sous la onzième arche du Brooklyn. C'est votre choix. Parce que vous aimez prononcer cette phrase, sans doute. Et que personne ne nous cherchera ici. Vous savez ce que sont les gages d'immortalité ? Par exemple, quand on marche au milieu de la chaussée et que rien ne nous arrive. Et bien, je cours vers vous en accumulant les preuves de mon immortalité. Je vous dirai : Vous...

Lunch Poem *6

Mary and Co
Lunch Poem *6
Lunch Poem *6

Les rêves montent dans les étages depuis que des trombes de terres dissimulent les tombes et la terre. Depuis plus longtemps sans doute. Mais personne ne se doutait que c'était à ce point une connerie de croire au songe américain en restant clean. Aussi, on regarde tous avec envie les bras percés du type qui va crever dans la ruelle refroidie par un vent d'hiver, surprenant en cette saison. Un automne en pire. Fall in english. Une récréation touristique. Des tas de tocards n'ont jamais foutus les pieds dans le Bronx, sauf pour la messe négresse, parce que le bus blindé est compris dans le city...

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