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Manhattan, people and locations

Short stories sur New York, les gens, les lieux. Vision new yorkaise d'un écrivain.

A brand new day

Ann F Border
A brand new day
A brand new day

On supposait qu’il y avait de meilleurs jours. Sous d’autres cieux disait martin Marksman. Rien qui ressemblait à ça par ici. Mais je n’avais pas de rêves qui mènent au large. Pas d’enjambées gigantesques pour traverser la rivière. Je supposais qu’elle atteignait la mer ou l’océan. Je ne connaissais pas la différence entre des mots comme mer et océan. Aucun de nous ne la connaissait. Le jour déclinait tous les jours et parfois plusieurs fois par jour et ça suffisait. De Brooklyn, nous possédions Manhattan et ça suffisait aussi. On restait là, penchés sur la balustrade où on se retenait de cracher...

Esplanade

Ann F Border
Esplanade
Esplanade

- Je ne suis pas heureux, pense l’homme à haute voix - Depuis quand ? lui demande la femme assise sur la chaise d’à côté. - Depuis le jour où la statue de la liberté a rouvert au public. Août 2004. Un feu d’artifice magistral et je n’en ai rien su. Je me suis réfugié dans la rue quand j’ai entendu les explosions. - Je me souviens, dit la femme. - Vous y étiez ? - Non. - Mais vous saviez… - Oui. - Plus tôt dans la journée, je m’étais assis exactement où je suis assis. Et une femme qui sortait de la librairie dans face s’est assise exactement où vous êtes assise. Elle m’a parlé du temps, comme ça...

A contre-jour

Ann F Border
A contre-jour
A contre-jour

Chère Amie, J’ai cru pendant un moment que New York avait disparu. Que la ville n’avait jamais existé. Vos pas sur les lattes du Brooklyn, je les rêvais silencieux. C’est ce qui se passe quand toutes nos peurs n’en forment qu’une. Nous n’éprouvons plus rien. Nous ne voyons dans nos passés rien d’autre que des mensonges et les hurlements envahissent nos têtes. Je n’écrivais plus rien car je n’étais plus rien. Peut-être le contraire. Je voulais croire que vous m’attendiez avec ce sourire indescriptible qui n’appartient qu’à vous. Un reste de rire enfantin suspendu. Posé sur vos lèvres et vos yeux....

Lunch Poem *10

Ann F Border
Lunch Poem *10
Lunch Poem *10

Ne rien faire, penser comme en hiver. Dans le parc regarder le manège clos tourner. Ne rien faire. Ne pas s’en faire. Se souvenir de quelque chose. Un objet. Le tenir dans la main. Le serrer. Une pierre. Une pierre ramassée, sauvée de la nature. Déplacée, abandonnée. Ramassée dans l’allée. Une pierre tenue toute une journée. Le manège tourne. Le regarder encore. Des enfants sur des chevaux vivants. Ce qui compte c’est ce qu’ils pensent. Des chevaux vivants. Une prairie. Une ville bâtie dans la nuit à cause de l’or toute proche. Enfouie dans des grottes indiennes. Des cimetières. Des enfants avec...

En face, les enfants de Segal et d'autres lieux

Mary and Co

Enfants, nous étions forts quand nous prenions du sable dans nos mains et qu’il glissait entre nos doigts pour se répandre sur la surface de l’eau à la manière d’une pluie sèche. Ça ne voulait rien dire pour nous. Nous possédions une île où j’enterrais des oiseaux d’or qui mouraient dans les terres pendant les saisons froides. Une pauvre île avec un trône de granit en contrebas. Enfants, nous courions sur la dune. Avec un sérieux de géomètre qui mesure ses pas. Nous avons toujours couru sur la dune. Du rivage, nous regardions la grande mer et plongions vers Ys transis de froid. Nous avons toujours...

Lunch Poem *9

Ann F Border
Lunch Poem *9
Lunch Poem *9

Un terrain vague. Vu des fenêtres du bâtiment, il ne s’y passe rien. Le bâtiment porte un nom. A. Je fais un mot avec la lettre. Assassin. Si c’est A, c’est assassin. Il ne reste pas beaucoup de mots. Il faut faire avec. Il reste des assassins. Un terrain vague souvent dans le brouillard à cause de la géographie des lieux. Une femme le traverse et ses jambes soulèvent de la fumée. Une fumée lourde qui peine à se déplacer. Je ne sais pas dire si c’est joli à regarder. C’est triste. A cause de la femme qui se retourne souvent. Sur son passé. Elle ressemble à un ange qui aurait perdu un organe essentiel....

Le jour à volonté

Mary and Co
Le jour à volonté
Le jour à volonté

Le soleil balance ses rayons dans la rivière et ils éclatent comme du verre securit sur la surface. Les garde-côtes les dispersent avec leur Zodiac. Ou les ferries avec leurs énormes coques. Une ligne écumeuse sépare un moment les éclats puis ils se rejoignent formant une traînée étincelante, une marée aurifère ballottée par le rythme du trafic. Le trésor de la cité des idiots. La vieille secoue la tête. La nuit le fera disparaître. Il tombera dans un ciel sous pression. Un ciel si profond qu’il n’est pas utile de posséder d’yeux pour y circuler. Et l’envers de la ville envahira l’onde et un terrain...

Une étoile pour Hermann Barrel

Ann F Border
Une étoile pour Hermann Barrel
Une étoile pour Hermann Barrel

Il tombait du ciel des morceaux d’étoiles minuscules. Personne ne les vit à part Hermann Barrel qui voyait toujours un tas de choses en sortant du pub. Mais il voyait aussi des choses étranges avant d’y entrer. Et c’était pour les oublier qu’il s’accoudait au comptoir. Il n’en partait qu’une fois encerclé par une armée de bouteilles d’American Bud. Le barman ne débarrassait jamais les alcooliques de leurs cadavres. C’était un moralisateur qui pointait aux Alcooliques Anonymes depuis douze ans. Un masochiste qui vivait sous le même toit que sa tentation. Hermann se foutait des dégâts de l’alcool....

Boys of New York (a dance)

Ann F Border
Boys of New York (a dance)
Boys of New York (a dance)

On dévalait la rue et bientôt la déclinaison de la pente s’empara de nos corps. L’unique façon de ralentir notre course était de s’agripper aux épaules de celui qui nous devançait. George Bailey était en tête comme toujours. Ses bras moulinaient l’air. Il riait en criant et le son de sa voix nous pénétrait, nous entraînait aussi sûrement que la course. J’ai cru à certains moments que ses pieds ne touchaient pas le sol. Cette putain de rue n’a pas de fin , gueulait-il entre deux quintes hystériques. Enfin le soleil fit ce que nous attendions tous, il se cala en plein milieu de la rue. On ressemblait...

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