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Lunch poem

Jeudi 16 septembre 2010 4 16 /09 /Sep /2010 15:38

Manhattan bridge IIIPrès des piliers, les passagers attendent l’arrivée du pont. Ils prennent de nouvelles dispositions, s’y tiennent et piétinent en se tenant la poitrine et en essuyant le cadran de leur montre à intervalles réguliers. Leurs respirations disparaissent en bulles attractives, montant vers la surface. Quelques unes éclatent contre l’aspérité d’une pierre. En changeant de jambe d’appui, ils mettent leurs enfants en garde contre le rebord tranchant des calandres métalliques. Les gosses s’y blessent quand même. Légèrement.  Leur sang se dilue dans l’eau saumâtre de la rivière qui se rêve humaine un bref moment. Comme lorsqu’un cadavre est jeté dans son lit. Elle se croit humaine jusqu’à ce que, bien sûr, le grand vide de la chair morte l’empoisonne. Elle redevient élémentaire, avec soulagement et presque du plaisir.

Sur la route, sur la ligne de feu, une femme marche vite pour ne pas manquer le prochain pont. Elle pense aux véhicules d’urgence qui transportent les êtres à perte. Parce qu’une sirène a retenti, elle réfléchit à ça. Aux choix des sauvetages. A deux rues d’ici, on ne sauve personne. A chaque coin de rue, on dit cela. Pas de ligne de feu. Du feu et de l’air. On laisse sur l’asphalte les corps atteints et ils disparaissent, comme ça. A moins qu’une machine à nettoyer les taches difficiles, conduite par un agent de la mairie d’origine haïtienne, passe dans l’heure. Mais personne n’a jamais vu une telle mécanique.

La femme s’écarte de la ligne de feu quand l’ambulance passe. Elle surprend le regard du chauffeur à l’intérieur. Tellement vide qu’elle pourrait y déverser tout ce qui la détruit et d’autres choses encore, moins pénibles mais qui lui sont devenues inutiles. Elle ne se gène pas pour le faire.

Alors que le pont accoste, elle pourrait tout autant s’appeler autrement. Elle croit qu’elle s’appelle autrement. Comme tout le monde.

Personne ne possède de nom eternel.

Par Ann F Border - Publié dans : Lunch poem - Communauté : New York City Art
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Dimanche 23 mai 2010 7 23 /05 /Mai /2010 19:05

In the streetLa nuit n’existe pas quand on veut qu’elle existe

Ou

La nuit existe pour les affamés

La nuit noire solaire ondulant au dessus d’un taxi jaune

Si on veut

La nuit étendue sur une banquette douteuse à chercher sur un plan

Une rue dans une langue étrangère

De Manhattan

S’assurer de nouveau qu’aucune ne porte le nom d’un mort

Qui peut croire à ça

Sans en rire

Que les nombres rassurent

La nuit aveuglante de Manhattan n’existe pas si on veut qu’elle existe

Ou

Qui peut croire qu’une ville existe

Qui peut vouloir y dormir quand

Les êtres rampent sous les fenêtres double-vitrées

La nuit existe quand on veut qu’elle existe

Les yeux pas plus utiles que les pierres

Sauf lorsqu’on cherche à lapider

À obscurcir

À oublier

La nuit n’existe pas quand on veut qu’elle existe

 

Pour se souvenir d’un quartier de New York

Regarder sa main gesticuler dans l’air

Une chute de particules

Une chute de briques

La naissance des terrains vagues

 

(Les yeux ouverts

Le malheur)

Par Ann F Border - Publié dans : Lunch poem - Communauté : New York City Art
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Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /Sep /2009 14:17

L’heure se rapproche timidement de la nuit. Une nuit qu’il faut deviner. Définir par son agitation. Une agitation qu’il faut définir comme étant celle de la nuit. Rien de comparable. Les rampes lumineuses rapetissent les corps. Les faisceaux transpercent les organes tendres et plus rien ne subsiste d’éventuels épanchements. On frappe, on crie, on fuit, on tue. On se lève sans souvenirs. On ne  se relève pas. On abandonne sa mémoire sur les bancs lisses des cathédrales encastrées. On se demande ce qui est arrivé. On interroge les passants : Qu’est-il arrivé ? Ils haussent les sourcils. Mais pas souvent. On s’encastre les uns aux autres, inutilement proches, absurdement pressés que le jour se lève. Epaule contre épaule, on remplit les rues, on noircit les rues, on polit les trottoirs, on défonce les trottoirs, on se déforme dans les vitrines mal nettoyées, on se croise dans les miroirs sans se reconnaître, on transporte avec nous des fragments de peinture. On  cherche à se connaître, on se cherche dans les gravats de nos effondrements, sur les draps tordus autant que froissés, sur les rides de l’eau, sur les rides de peaux. On cherche à s’effondrer sans y parvenir. On s’effondre plus tard alors qu’on nous soutient. On a d’étranges pensées,  on cesse de penser, on cherche à s’oublier, on se crève les yeux, on ne s’égare pas.  La fin de la journée, c’est la fin de la vie.

Par Ann F Border - Publié dans : Lunch poem - Communauté : New York City Art
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Jeudi 19 mars 2009 4 19 /03 /Mars /2009 17:29

 
Ses yeux ne se résolvent pas à se tourner vers moi, malgré mes simagrées et mes gestes explicites.  Je suis là. À l’angle de... parce qu’il y a forcément quelque chose qui s’y passe. Un homme qui meurt ou autre chose. Avec les morts, on ne peut pas se tromper. L’air  me donne la nausée. Je tremble à cause de la migraine. Elle s’en fout. Elle fabrique un ange sur la neige crasseuse. Un ange crasseux avec une aile plus enfoncée dans la terre que l’autre. Après, elle va gueuler dans les quartiers pauvres. Donnez-moi du temps, donnez-moi du temps, tout votre foutu temps gaspillé !  J’ai des erreurs à rattraper. Puis, elle dépasse l’Upper East Side en silence. Pas dangereuse pour un cent. Ça me va. Entourée de liquides humains circulant. Je ne vois pas.  Je n’entends pas. J’ai cessé de parler. Elle se débarrasse de quelques papiers gras à mes pieds. Et plus de vent, rien. Son visage qui se dévoile parfois. À peine. À peine si je distingue un détail. Aucun titre de propriété.

Elle pose sa main, enfin je crois, parce que je sens un contact et que j’espère que ça arrive vraiment. Elle pose sa main sur ma nuque et toutes les saisons continentales me traversent. Je tremble à cause du désir.  Elle se détourne de moi. Si souvent que je n’en souffre plus. Un jour, mais j’ai rêvé sans doute, elle m’a regardé. Une minute presque entière et je n’ai su que détourner les yeux.

Il y a eu plusieurs nuits interminables. Sans électricité, sans rien. C’est quelque chose qu’elle raconte. Plus aucune crainte. Des peaux à la couleur unique et des accents gommés par les chuchotements. Elle aime s’en souvenir. Des balles argentées perçaient la nuit et atteignaient la rivière, intactes. Elles sifflaient en plongeant. Ça n’a pas duré longtemps. Les obstacles sont revenus se mettre sur leur route.

Elle me regarde quand je lui tourne le dos. Elle me détaille.  Mais rien en moi ne me ressemble. Je marche avec le pas d’une autre,  je parle avec la voix d’une autre. Tout ce que je suis est hors de moi. Elle aime ça, je  suppose.

Quelquefois, elle me montre un morceau de ciel où l’orangé l’emporte sur la couleur habituelle. J’ignore ce que ça signifie. Rien, sans doute.

Par Ann F Border - Publié dans : Lunch poem - Communauté : New York City Art
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Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /Nov /2008 20:01

Ce n’est rien. C’est New York. Le jour à peine levé toute la journée. De la poudre (y a qu’à se baisser) aux yeux de ceux qui s’allongent dans les rectangles saisonniers. Le torse dénudé, souriants à cause du soleil imaginé. On s’égare si on s’en éloigne parce que tout s’effondre au fur et à mesure. Allongés, frissonnants. Ce n’est rien, c’est New York. Si l’air passe, les bruits passent au travers des pièces mal entretenues. Dehors n’est pas pire. On peut enfin espérer n’être rien pour de bon. Frissonnants sous le soleil des rêves. Jaune vif avec des rayons descendants jusque sur les visages maternels. Leur taillant une cicatrice joyeuse. Une affreuse déformation de gaité. Un affreux rire mérité. Ce n’est rien. Ce n’est pas pire que d’être aimer par tous. Ce n’est rien, c’est New York. Dilués dans les chairs comme un sang universel, ce n’est pas pire que de ne ressembler qu’à soi.

Par Ann F Border - Publié dans : Lunch poem - Communauté : New York City Art
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Dimanche 31 août 2008 7 31 /08 /Août /2008 21:12

                                                                                                                                                        
Ne rien faire, penser comme en hiver. Dans le parc regarder le manège clos tourner. Ne rien faire. Ne pas s’en faire. Se souvenir de quelque chose. Un objet. Le tenir dans la main. Le serrer. Une pierre. Une pierre ramassée, sauvée de la nature. Déplacée, abandonnée. Ramassée dans l’allée. Une pierre tenue toute une journée. Le manège tourne. Le regarder encore. Des enfants sur des chevaux vivants. Ce qui compte c’est ce qu’ils pensent. Des chevaux vivants. Une prairie. Une ville bâtie dans la nuit à cause de l’or toute proche. Enfouie dans des grottes indiennes. Des cimetières. Des enfants avec des étoiles de shérif en place de leur blason scolaire. Ne rien faire, poursuivre. Peut-être retourner dans le tunnel. Dépasser l’assassin. Une jambe repliée contre la paroi, il tient un livre de prière. La part de Dieu dit-il quand je le croise. Il le répète après que je me sois éloignée. La part des hommes dit-il quand je rebrousse chemin et que je le recroise. Ne pas s’en faire. Penser comme en hiver. La lumière fait un arc de cercle à la sortie de la galerie. Le manège. La pierre dans ma main. Plus chanceuse que moi. Des enfants délaissent leur monture. Se débarrassent de la poussière de la prairie. Voler leurs regards. Traverser, contempler un monde incomplet.  Ne pas s’en faire. Penser comme en hiver. Fermer les yeux. Dans le tunnel des pages déchirées. L’assassin assassine. Rien du tout. Il n’assassine rien du tout. Une pierre. Tenue toute une journée. Le bord tranchant serré. Par erreur. Serrer le bord tranchant des prières par erreur.

Par Mary and Co - Publié dans : Lunch poem - Communauté : New York City Art
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Lundi 11 août 2008 1 11 /08 /Août /2008 20:48

Un terrain vague. Rien ne s’y passe vu des fenêtres du bâtiment. Il porte un nom. Le bâtiment A ou une autre lettre. Je fais des mots avec. Il s’y passe quelque chose quand je fais des mots avec. Assassin. Si c’est A, c’est assassin. Il ne reste pas beaucoup de mots. Il faut faire avec. Il reste des assassins. Un terrain vague souvent dans le brouillard à cause de la géographie des lieux. Une femme y marche et ses jambes soulèvent de la fumée. Une fumée lourde qui peine à se déplacer. Je ne sais pas dire si c’est joli à regarder. C’est triste. A cause de la femme qui se retourne souvent. Sur son passé. Elle ressemble à un ange qui aurait perdu un organe essentiel. Je ne peux pas dire des ailes les anges n’existent pas. Mais je peux dire un ange. Elle a des yeux fatigués. Je ne les vois pas, mais je les préfère comme ça. Elle pleure souvent, mais pas maintenant. Pas en plein jour. Elle pourrait à cause du brouillard qui la rend peu visible. Mais elle ne veut pas. Le bâtiment n’est pas aveugle. Ni aveugle ni muet. Des cris s’y échappent souvent de toutes sortes. Toute la misère du monde comme dit Martin Markman. Je ne crois pas que ça soit vrai. Manque de place. Il n’en faut pas beaucoup pour déconner, c’est ce qu’il me réplique. Il me montre sa main. Un espace pas plus grand que ça, ça suffit. Un terrain vague. Une femme y marche tout le temps. Et la brume se soulève tout le temps.  Autour, tout va bien. Dans la rue tout va bien. Elle veut l’atteindre je suppose pour faire comme tout le monde. Regarder droit devant et se laver un peu avec le bruit qui tombe sur sa peau comme de l’eau. Mais je ne sais pas quand l’eau douce dissout l’eau salée. Peut-être qu’il existe des goûteurs de rivière qui font des traits à l’endroit ou le sel disparaît et ils les reportent précisément sur des cartes où le bleu l’emporte. Mais rien n’est moins sûr alors je ne sais pas si elle peut se débarrasser de ses larmes. Un terrain vague. Défoncé par endroits. Il ne faut pas compter que j’y marche. Il ne faut pas compter que je marche.  Dans les ornières un liquide marron et des rives vertes. Des rives bien dessinées. Un lac. Au dessus un soleil persistant. Des Pick-up aux portières ouvertes d’où sort de la musique du sud et des jambes de filles. Des corazón chuchotés se cognent au mur parce que j’ai entrouvert la fenêtre et glissent sur le parquet. Ils s’assèchent comme des fruits dédaignés.  Après plus rien. Un terrain vague. Une femme y marche et ses pieds ne touchent pas le sol. C’est une vision d’optique peut-être, mais ce n’est pas sûr. Martin Markman la voit aussi et il a la bouche ouverte comme si il l’avait perdu un os capital de la mâchoire. Quand le vrai soleil passera derrière le bâtiment  B,  je tirerai les rideaux. Je ferai un mot avec.

 

A Co

Par Mary and Co - Publié dans : Lunch poem - Communauté : New York City Art
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Vendredi 28 mars 2008 5 28 /03 /Mars /2008 18:53

 

La peau sur les os, mon Frère. La peau et les os et les dieux dans le ciel qui s’échangent leurs anges, pour ne pas passer une angoissante nuit  supplémentaire. Avec leur manège, j’ai les membres brisés. C’est à peine si je marche, à l’heure où je te parle. Et voler, je laisse ça à d’autres, dorénavant. Aussi beau que je fus, je n’en meure pas moins. Aussi belle ? Qui le sait. A part toi, mon Frère. 

Tu as a volé plus que moi. Plus de richesses te reviennent, car tes yeux voient encore. Moi, je me satisfais des marbrures rosâtres d’un  parquet de chambre commune. Oublie que j’ai souri plus souvent qu’à mon tour devant les anges en plâtre des boutiques minables.  Car c’est là la matière dont je suis fait. Il me reste à vivre ainsi. Blafard, à la merci de tous. Allez ! Oublions notre humanité le temps de s’alléger. Le vent passe à telle heure, je ne tiens pas à le rater.


Par Mary and Co - Publié dans : Lunch poem
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Vendredi 11 janvier 2008 5 11 /01 /Jan /2008 20:54
Arch-11.jpgJ'ai rendez-vous ici. À quelle heure, bordel ? Une heure juste, c'est sûr. Vous êtes comme ça. Vous ne vous trompez sur rien. Elle doit être parfaitement alignée sur un méridien.
Une heure entre le lever du jour et le zénith. Sous la onzième arche du Brooklyn. C'est votre choix. Parce que vous aimez prononcer cette phrase, sans doute. Et que personne ne nous cherchera ici.
Vous savez ce que sont les gages d'immortalité ? Par exemple, quand on marche au milieu de la chaussée et que rien ne nous arrive. Et bien, je cours vers vous en accumulant les preuves de mon immortalité.
Je vous dirai : Vous êtes si belle. La circulation au-dessus de nos têtes m'obligera à le hurler et vous soulèverez vos épaules et détournerez le regard. Protégées du cirque planétaire, les ombres ne nous atteindront plus. Nous ne saurons rien de l'heure qu'il est jusqu'à la nuit qui remet toujours les pendules à l'heure. 
Vous m'assurerez à plusieurs reprises que les derniers remparts de Manhattan n'ont plus de sentinelles, et que les fantômes du pont ne parlent pas anglais. Et d'ailleurs, qu'importe qu'on les ait murés, rajouterez-vous, ils nous observent tout de même. Il est possible aussi qu'ils ne nous envient pas.
Vous n'allez plus tarder. Les heures injustes me semblent moins nombreuses. Une enfance éternelle nous attend dans les gravats d'un immeuble qui est mort les rideaux aux fenêtres. Est-ce dans l'explosion que vous avez perdue une phalange à chaque auriculaire ? Ou est-ce qu'une part de vous est restée dans le rêve ? je vous poserai ce genre de questions quand la circulation s'atténuera.
Par Mary and Co - Publié dans : Lunch poem
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Dimanche 25 novembre 2007 7 25 /11 /Nov /2007 15:16
prince-street-2.jpg  Les rêves montent dans les étages depuis que des trombes de terres dissimulent les tombes et la terre. Depuis plus longtemps sans doute. Mais personne ne se doutait que c'était à ce point une connerie de croire au songe américain en restant clean. Aussi, on regarde tous avec envie les bras percés du type qui va crever dans la ruelle refroidie par un vent d'hiver, surprenant en cette saison. Un automne en pire. Fall in english.
Une récréation touristique. Des tas de tocards n'ont jamais foutus les pieds dans le Bronx, sauf pour la messe négresse, parce que le bus blindé est compris dans le city pass-pass. Jamais foutus les pieds dans Central Park à la saison rousse. Irish in english.
Et pas loin (dans le temps) des fils de pute assermentés matraquent à tour de bras parce que la nuit, tous les noirs sont gris. Tous les flâneurs du parc des salopes de pédales qui comparent leurs braquemarts à la lampe torche. J'entends gueuler les mecs agenouillés et je bouche mes oreilles avec une page du New York Times humide. Du plomb dans la cervelle, c'est tout ce que ça me fait. Je ne dors pas quand même. Une insomnie chronique, tu la bousilles pas avec les nouvelles de la veille enfoncées dans le crâne. Je sais pas. J'ai pas envie de savoir comment ça va finir. Plus d'innocents dans le secteur depuis longtemps. Demain, je me boucherai pas les oreilles, pour faire un pas en avant, quelque chose de ma vie. À Gotham, c'est presque assez. Une avancée sociale.
Le fils de mon fils : Harlem c'est où ? Entre la 96e et the Heights, je réponds. Merde, je connais l'île comme ma poche, jamais entendu parler !
Dans des sacs en papier kraft remplis de substances pour passer la nuit, les rêves montent dans les étages, avant d'exploser sous la masse du caterpillar. En longeant le couloir éclairé par des ampoules pisseuses, je sens sous mes doigts les lézardes qui lui faciliteront la tâche.
Après, la mafia négociera les gravats.
À l'aube, les ailes des anges recouvrent les corps des putes égorgées. Combien de putes sans se froisser ?
 
Encore une fois, New York s'étend de là à là.   Pollock en a dessiné le plan. Vois ce que ça donne. Si rien d'autre que ça, casse-toi !
Par Mary and Co - Publié dans : Lunch poem
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