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Amie

Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 12:20

big yellow taxiChère Amie,

 

New York possède aujourd’hui sa lumière dorée. Celle qui coule le long des façades, du mobilier urbain et des végétaux et qui s’aplatit en flaque sur le sol. C’est le matin. Quelque chose va arriver. Rien de dramatique. Presque rien.

Une rencontre, la découverte d’un livre, un chant reconnu qui sort d’une porte entrouverte, un animal sauvage traversant une allée du parc. Des visages. De nombreux visages que je prendrai le temps d’observer. (Il faut que vous m’imaginiez parcourant la ville à une vitesse anormale.)

Je n’ai durant un moment que des pensées sereines. Car aucunes ne sont des souvenirs. Et lorsque je ne pense pas, je fredonne "Big Yellow Taxi". On ne sait jamais ce que l’on possède jusqu’à ce qu’on le perde. Quelque chose comme ça. Sauf qu’après, je frissonne à chaque fois que je croise un taxi. A cause de mon père. Et je suis obligée de chasser les souvenirs.

La lumière aurifère disparait lentement. Fourguée chez les receleurs. Sinon quoi, une simple disparition ? Ça existe, ça n’existe plus. Je n’y crois pas une seconde.

L’atmosphère se grise. Mais New York peut vivre sans soleil, vous le savez.

Dans une file d’attente, je force la rencontre avec l’homme qui me précède, car la journée avance et il ne m’est encore rien arrivé. Il porte une montre à chaque poignet. Une à l’heure d’ici. Je tapote son bras pour attirer son attention et lui demande quelle est l’heure de l’autre montre. Il me lance un regard mauvais, hausse les épaules, marmonne : …sais pas, trouvée comme ça, et se détourne rapidement.

Quand je sors du bâtiment, il est assis sur les premières marches du parvis. Il vient à ma rencontre et tend la montre vers moi. Celle qui n’est pas à l’heure de New York. Prenez-la, s’il vous plait. Je ne l’ai pas trouvé, vous savez, c’est un souvenir. Pour vous, ça ne sera qu’un objet. Prenez-la, c’est une montre de femme. Il me la dépose dans la main en me lançant un regard à la fois menaçant et suppliant et dévale l’escalier sans que j’aie le temps de réagir.

J’ai la sensation que la scène est jouée à l’envers. L’homme ne me donne pas la montre. Il la dérobe à mon poignet et détale. Je la tiens pourtant dans ma paume. Mais je n’arrive pas à croire à son existence. Seena Noigiallach est gravé sur le fond. Ça, c’est une évidence. J’ai craint un instant y voir inscrit mon nom.

J’apprends à la bibliothèque centrale que Noigiallach est le nom d’un roi irlandais du quatrième siècle signifiant qui possède neuf otages. Rien sur Seena. A quoi je m’attendais ?  Je laisse la montre sur la table en partant.

Peut-on considérer que ce mince évènement suffise à dire que quelque chose est arrivé ?

(Ne me répondez pas, je vous en prie)

 


Par Ann F Border - Publié dans : Amie - Communauté : New York City Art
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Jeudi 20 août 2009 4 20 /08 /Août /2009 17:59

Chère Amie,

 

Je longe la rivière. Rien au dessus de ma tête, que des nuages gris qui courent vers le sud. Dans quelques jardins, on ne tardera pas à fuir l’averse en se protégeant la tête et en criant comme si l’eau était de verre. On attendra sous les terrasses que l’orage cesse en s’attristant de la perte d’une journée d’été. Plus tard, on marchera sur le sol d’où s’échapperont des vapeurs.

Je n’ai pas plus de but que la rivière. Pas plus de destin.  Je la suis tout autant qu’elle me suit, tant que cela est possible pour elle comme pour moi. Plus de nuages. Un ciel découvert qui blanchit les reliefs de l’eau. Et rien de cela ne dure. Les reliefs se creusent et s’obscurcissent. Et je ne peux m’attacher qu’à un ensemble et le réduire au dessin qu’il forme sur une carte pour me l’approprier. Mais tout ce qui fait défaut à la rivière m’apparait alors de manière précise. L’immobilité, la solidité, le silence. Et je m’aperçois que j’en suis tout autant privée qu’elle. 

Près des rives du Village, où nous aimions marcher, je croise des hommes aux torses nus. Ils s’étendent sur l’herbe et réfléchissent longuement sur eux-mêmes. De cette manière : en scrutant le ciel, les mains derrière la nuque. Ils sont rejoints par d’autres hommes mais leur regard les croise tout d’abord sans les voir. Puis ils se relèvent légèrement en se tenant sur un coude. Et sourient sans volonté. Ils sont un élément de la rivière. Pas plus de lignes droites, pas plus d’apaisement en profondeur. Ils ondulent et leur humeur varie selon les astres lointains. Ils élèvent la voix quand les hors-bords passent trop près.

A ce moment précis, je n’ai aucune envie et je ne sais pas si ça me libère de ma condition ou si ça m’emprisonne dans une autre. Il arrive que le vide nous apparaisse sans surface, immédiatement profond ou au contraire plat et sans profondeur. Dans les deux cas, marcher s’avère dangereux. Mais personne n’y échappe.

Il est peu probable que la rivière se dirige vers l’océan. Mais imaginez que cela soit possible, il s’agirait bien là d’un élément qui nous diffère.

(Sauf que je ne vais pas tarder à rejoindre la ville.)

Par Ann F Border - Publié dans : Amie - Communauté : New York City Art
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Dimanche 14 juin 2009 7 14 /06 /Juin /2009 20:29

Chère Amie,

 

Face au Victorian Gardens, assise sur une roche granitique, abritée par des sycomores, vous téléphoniez en France. Des voix enfantines transportées par le vent, parvenaient jusqu’à vous. Et des musiques de manèges. Les couleurs vives, rouge et bleu, des montgolfières saturées par un soleil plombant, transperçaient la verdure. Les aéronefs tournaient avec lenteur. Montaient et descendaient, retenus par des câbles d’acier.  

Vous restiez là longtemps après avoir raccroché. Pieds nus vous  goûtiez la fraicheur relative d’un air qui tournoyait à cet endroit, piégé par un courant. Un enfant vint s’asseoir sur le rocher, un peu au dessus de vous. De ses bras, il entoura ses genoux osseux et regarda dans votre direction. Il plissait les yeux à cause de la lumière presque blanche du début d’après-midi. Il  enviait votre place. Bientôt convaincu que vous ne la quitteriez pas, il sauta d’un bond juste derrière vous pour vous effrayer.

Puis il dévala la pente jusqu’aux grilles d’entrée du Victorian. Et, mains dans le dos, comme le ferait un homme d’âge mûr, il fit des allers-retours le long de l’espace ouvert de l’entrée. Parfois, il faisait un pas en direction des guichets et reculait aussitôt. Vous supposâtes qu’il insultait les enfants qui le croisaient, car ils se retournaient  brusquement sur son passage. Finalement, il renonça à resquiller, car il ne lui manquait pas seulement les 6 dollars pour un ticket, mais aussi la présence d’un adulte à ses côtés. Vous deviez le retrouver plus tard, torse nu, près d’une fontaine, où il effectuait une étrange danse en s’aspergeant le haut du corps et en poussant des cris étonnamment rauques.

Vous passiez le reste de la journée dans le parc. A suivre les allées. Vous débouchiez quelquefois sur des esplanades ou des ponts. Vous vous adossiez contre la  pierre chaude des rambardes ouvragées Tout entrait en vous de manière durable. Pas les visages croisés, ni la chaleur brulante, ni les sons, ni la géographie. Mais l’ensemble réuni, refondu  par  vos pensées du moment. Cela  formait une oeuvre qui devait vous sauver la vie plus d’une fois.

En France tout allait bien.

Par Ann F Border - Publié dans : Amie - Communauté : New York City Art
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Jeudi 16 octobre 2008 4 16 /10 /Oct /2008 20:48

Chère Amie,

 

J’ai cru pendant un moment que New York avait disparu. Que la ville n’avait jamais existé. Vos pas sur les lattes du Brooklyn, je les rêvais silencieux.  C’est ce qui se passe quand toutes nos peurs n’en forment qu’une. Nous n’éprouvons plus rien. Nous ne voyons dans nos passés rien d’autre que des mensonges et les hurlements envahissent nos têtes.

Je n’écrivais plus rien car je n’étais plus rien. Peut-être le contraire.  Je voulais croire que vous m’attendiez avec ce sourire indescriptible qui n’appartient qu’à vous. Un reste de rire enfantin suspendu.  Posé sur vos lèvres et vos yeux. Un trompe-la-mort.

Vous restiez là, à l’autre bout de la saison, assise parfois sur un banc du Mall, en regardant dans la direction du soleil. Le contre-jour n’est pas une mauvaise chose.  Je pouvais être n’importe quel passant. Je pensais que pendant un temps cela vous suffirait. Vous les regarderiez avancer vers vous et cela suffirait. Mais je pensais mal.  Vous ne m’attendiez pas, vous tentiez d’apaiser vos craintes.

Les temps passent. Ils filent plus vite que nous ne marchons et il faut s’attendre au pire sans que cela ne se voit trop. Il faut rire fort et se convaincre que nous serons épargnés. New York m’en convainc. Mais au fond, New York n’existe pas.

Par Ann F Border - Publié dans : Amie - Communauté : New York City Art
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Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /Fév /2008 19:56
Chère Amie,
 
D’ici, je ne vois pas New York. Les distances à découvert sont si nombreuses que je ne peux espérer m’abriter nulle part. Le ciel est trop vaste. L’air entre dans mes poumons sans brûlure. Et cette nuit opaque. Cette nuit véritable où je dors à peine, sans cesse réveillée par le silence. Parfois, je rêve que je marche dans les rues resserrées pas la brique, jusqu’à la limite des quartiers mortels. Ou bien, un fou saisit ma main, et m’éloigne, comme il s’en éloigne, des ruines et des effondrements. A mon réveil,  je n’entends que des cœurs maladifs me rappeler à leur bon souvenir. De sombres cœurs, laissés ici dans l’espoir que je repasse un jour.
D’ici, je ne vois pas mes ponts, et ils me manquent. Ils ne sont rien, pourtant. Que des routes usées au dessus des rivières. Vous préciseriez que ce sont des miracles communs, visibles et durables.  Le sang y circule autant que la mécanique. Aussi vite, car Manhattan est au bout et l’on s’empresse de s’y rendre avant de mourir.
D’ici, je ne vois pas New York. Selon moi,  me direz-vous une fois de plus, c'est parce que vous en êtes trop proche. C’est la réponse que j’attends. undefined
Par Mary and Co - Publié dans : Amie
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Samedi 12 janvier 2008 6 12 /01 /Jan /2008 17:39

Photo-131.jpgChère Amie,

 
Les saisons nous obligent, et c'est ce que l'on aime, à la laideur parfois. Au repli sur soi. Pour ma part, je n'existe alors qu'au travers d'une âme douloureuse qui ne ressemble à rien et j'évoque les lumières anciennes. Chaudes ou bien glaciales. Pas plus tard qu'hier, me dis-je, les choses étaient différentes. Les lumières crues découpaient mieux les contours.

Et dans la solitude hivernale ou estivale, j'aime à penser, quelquefois, que notre cité est la solution. Je sais, vous savez, que c'est faux, que New York se plie. On y meurt de froid, ou privé d'air par les canicules, avant d'y mourir de faim. Ici, les saisons ne sont pas prises au piège d'une humanité triste. Mais le contraire est vrai. Je ne m'en réjouis pas. je me plie aussi et j'attends les meilleurs augures sans impatience. Dans cette ville, j'ai appris à tout aimer. Du moins, à ne rien haïr. Et je vous dois cela.
Rappelez-vous. Avec force, vous m'avez pris la main et mené vers ce que beaucoup nomment l'enfer et l'homme vivait là, pas plus mal qu'ailleurs. Vous saviez que je vivrais là mieux qu'ailleurs, car je ne pourrai plus m'y mentir.
Par Mary and Co - Publié dans : Amie
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Dimanche 30 septembre 2007 7 30 /09 /Sep /2007 17:48
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Chère Amie,
 
Je me suis longuement absentée de Manhattan. Assez pour que le Fulton de South Street devienne l’ancien Fulton. Assez pour être moi-même désignée par ce genre d’adjectif. Assez pour que Bontecou et Pollock quitte le Queens pour de bon.
Imaginez que j’ai appris des choses terrifiantes et j’ai aussitôt tenté de les oublier comme : le temps vient où l’on tente inutilement de retenir de ce côté du monde une main dangereusement attirée par la mort, et bien sûr cela échoue. Mais aujourd’hui je suis assurée  que de telles choses ne s’oublient pas. Penser autrement m’a coûté cet exil silencieux et dénué de muses.
Enfin, je me suis souvenue  de cette rue qui descendait le dimanche matin vers la rivière. La 34e. De cet immense diamant brun gardé par un soldat, où se reflétait un soleil puissant. De cette intrépide moment où les nuages nous envoyèrent un étonnant message, où le Brooklyn Bridge nous envoûta définitivement, où nous avons décidé que New York nous appartenait.
Je me suis souvenue de ce jour particulier et les portes de Manhattan se sont rouvertes pour de bon.
 
Par Mary and Co - Publié dans : Amie
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Dimanche 15 juillet 2007 7 15 /07 /Juil /2007 19:34
Chère Amie, 
 
Il y a longtemps que je ne vous livre plus d'écrits. Me satisfaisant du bruit incessant de Manhattan. Le croirez-vous ? J'en suis au point d'apprécier le son des sirènes des véhicules d'urgence parce qu'elles me paraissent familières. Des muses ou quelque chose de ce genre. Oubliant qu'elles sont annonciatrices de drames, sans aucun doute.
Mais mon propre silence me tue. Il est surprenant de ne plus être hantée. Les saisons à ma convenance, les hommes, les femmes et les histoires qu'ils me racontent me manquent plus que de raison. Car c'est ainsi que les choses se passent, n'est-ce pas ? Cela entre en moi et je deviens leur obligée et New York se réinvente encore et encore. Immortelle matière. Immortel, voilà bien un mot d'enfant dont je sens à présent la légendaire mystification. Mais qu'y a-t-il de plus vraie que la légende ?
Vous ne manquerez pas de constater mon stupide égarement et peut-être songerez-vous que je vous écris pour écrire. Vous n'aurez pas tort si vous pensez cela. Je vous écris comme on pratique un exorcisme, pour faire fuir de mon esprit le silence qui n'est pas moins brûlant que le Diable ou je ne sais quel autre démon.
C'est fou le temps que l'on perd à se débarrasser de choses inexistantes.
( Merci)
 
PS : Et aussi, il semblerait que les oiseaux volent pour le plaisir, quelquefois.
Par Mary and Co - Publié dans : Amie
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Dimanche 1 juillet 2007 7 01 /07 /Juil /2007 17:09
 
 Chère Amie,
Quel âge aviez-vous lorsque vous couriez, malgré vous, sur les traces d'un songwriter de Freehold ?
 En vérité, je ne veux pas le savoir. J'aimerais juste que vous ne vous en souveniez pas. Je voudrais que vous ne prononciez jamais ces chiffres de la jeunesse comme appartenant au passé.
Mon Amie, vous êtes la seule constance que je possède et je me moque bien du temps qui nous asperge de ses acides, tant que nous n'avons pas de mémoire désolée.
Mais tout de même, le New Jersey n'existe pas sans vous. Et que dire de Manhattan ?
Vous y avez grandi durant un seul été glacial et nous y avons vieilli le reste du temps.
Aujourd'hui, il m'arrive de confondre les lieux et les temps. C'est ainsi que vous êtes définitivement privée d'âge. J'ignore si cela est bien ou pas. Mais il y a tant de choses que j'ignore. Tant de mauvaises choses que je fais bien et tant de bonnes choses que je fais mal…
 
Quel âge aviez-vous ? Cette question imprécise amènera de votre part, une réponse sûre, je le sais. Mais songez que si vous libériez de votre âme les heures douloureuses, il nous resterait tant de voyages.  
Par Mary and Co - Publié dans : Amie
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Lundi 18 juin 2007 1 18 /06 /Juin /2007 18:10
Chère Amie,
 
Je suis terrifiée, anéantie, paralysée et tellement vivante que je ne sais plus quel est le pire. New York me manque tant. D'ailleurs, cela me mène vers d'étranges songes.
J'y vois les quais se corroder au fur et à mesure que j'approche de l'estuaire, parce que les années défilent anormalement. Et lorsque je débarque enfin, il est trop tard. Ne me demandez pas pourquoi. Il est trop tard, c'est tout. Une sensation confuse. Aussi, deux bruits de pas résonnent sur le bois. Les miens et ceux d'une femme qui a fui la misère pour la pauvreté, il y a plus d'un siècle, et qui ne sait plus à présent si ce choix était judicieux. À peine ose-t-elle tourner les yeux vers Manhattan, alors que je n'ai de regards que pour elle. J'ai pensé lui prendre la main et l'emmener dans le Lower East Side, retrouver ses proches. Mais je ne supporterai pas son désappointement et ma joie de parcourir les rues sans odeurs et glaciales l'affligera d'autant plus, qu'elle ne verra pas par mes yeux, mais par les siens, aveuglés par de terrifiantes larmes, anéantis, paralysés et tellement vivants.
Elle ne saura pas quel est le pire.
Je la laisse là, comme on quitte la tombe d'un aïeul. Eprouvant un sentiment d'appartenance ténu. Mais la presqu'île me manque tant et elle lui ressemble si peu.
Je sais que vous riez de ma méprise. Vous songez qu'elle ressemble bien plus à Manhattan que je ne lui ressemblerai jamais. Vous pensez que j'aurai dû l'accompagner jusqu'au Brownstone où elle finira ses jours. L'adresse est dans l'une des poches du pantalon d'homme qu'elle porte. Elle la parcourt à maintes reprises, comme on cherche une réponse dans un recueil de prière. Mais que voulez-vous, elle abhorre cette ville, bien plus encore qu'elle ne détestait le ghetto.
Ça n'est pas toujours pour cela que l'on débarque ici. Mais c'est souvent à cause de ça que l'on y reste.
Qu'y puis-je si un lieu redoutable me sert de paradis ? 
Par Mary and Co - Publié dans : Amie
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