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Autres histoires

Dimanche 13 mai 2007 7 13 /05 /Mai /2007 18:36
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Il y avait un ange qui somnolait souvent dans le parc. Quelquefois, il m'échangeait ses ailes contre une cigarette. Puis, il s'allongeait sur le dos et contemplait le ciel. Puis, je m'envolais et contemplais Manhattan.
- On est pas grand-chose, se disait-il à chaque fois.
- On est pas grand-chose, me disais-je à chaque fois.
 
 
New York, 1989.
 
Par Mary and Co - Publié dans : Autres histoires
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Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /Mai /2007 17:02
J'ai marché dans une rue noire. À cause d'une panne d'électricité de fin de monde ? Hé ! pourquoi pas ? Faut pas croire que ça n'arrive qu'une fois. Ou alors, tu ne vis pas ici. À part que cette fin du monde là, ne sera pas à craindre comme les autres, parce qu'on sera tellement fatigué, qu'on l'appellera de nos vœux. Mais on ne fait pas encore ça quand on est épuisé. On ferme seulement les yeux.
Peut-être que c'est à cause de ça que la rue était noire. Ou parce qu'une race l'habitait en grand nombre. Bien que les rues noires aient souvent été rouges.
Mettons. J'ai marché, les yeux clos, dans une rue rouge. À cause d'une panne d'humanité. De fin du monde ? Même pas !
Par Mary and Co - Publié dans : Autres histoires
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Dimanche 28 janvier 2007 7 28 /01 /Jan /2007 17:19
Tout se barre dans l'espace. Nos respirations, nos essoufflements, nos gémissements. Tout se détache de nous et voyage librement. Pas comme nous. On doit se détacher de tout pour y parvenir. Comme c'est écrit, on devine que c'est impossible. De plus, on aime retenir. Tout ce qui se barre. C'est une malédiction. Les éléments microscopiques de nos passés, pitoyablement bloqués dans nos mains serrées et solitaires, à présent. Comme si ça suffisait.  On fait ça parce qu'on ne se souvient de rien, à cause de la peine. On ne se souvient pas des climatiseurs qui mélangent l'air à nos fluides et balance le tout dans l'espace. Exactement à l'endroit où nous sommes quand nous décidons de ne pas mourir.
Par Mary and Co - Publié dans : Autres histoires
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Dimanche 31 décembre 2006 7 31 /12 /Déc /2006 19:08
Elle est morte – C'est comme ça qu'elle est morte*. Transportant loin de nous les cœurs inanimés. Après c'est la routine. Il faut traiter les sacs de jours périmés comme du déchet toxique. Alors quoi ? on enterre, on enterre. Un truc qu'on sait faire.
Mais voilà, cette fois-ci, nous sommes vivants (quelques-uns seulement) pour traverser les temps. Réjouissons-nous, car il a fallu plus que du courage pour y parvenir. Il a fallu croire à quelque chose de puissant. Cela même qui nous tue, comme…On sait tous comme quoi :  D.I.E.U. Et Dieu ça fait rire personne. Ça détruit les cités mystiques et enflamme les déserts, depuis la nuit des temps.
 
Une résolution : Avoir des regards moins ambitieux : Deux mètres pas plus. C'est là que tu es souvent. Ça suffit ! Ça suffit !
 
- J'ai fait un rêve, dit l'homme. 0 killed.
La femme, l'enfant, le chien, le chat, le serpent, le cheval, le loup, le moustique (Ils sont plus nombreux, mais il serait fastidieux d'en rendre le détail), s'étonnent. Ils font le même songe et depuis plus longtemps, peut-être.
 
 
* Emily Dickinson. Escarmouches.
 
 
 
Par Mary and Co - Publié dans : Autres histoires
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Dimanche 3 décembre 2006 7 03 /12 /Déc /2006 16:48
Je te jure que sans ça il n’y aurait pas de jours. Tu sais de quoi je parle. Des lettres lumineuses qui font des bruits d’insectes. Ailés, emprisonnés dans des tubes de verre. Ailés. À quoi ça sert, merde ! un avantage anatomique. Je te jure qu’à leur place, j’aurai foutu le camp. Et le ciel, on pourrait croire qu’il est intéressant. Mais on n’y tient pas debout. On regarde en bas et c’est là qu’on veut être, à tout prix, pour tout un tas de raisons. Même les dieux, si tu y penses. Pourtant la terre, quoi ?ça fait peur à plus d’un.
À cause de ça, le jour naturel, du matin jusqu’au soir, dure moins longtemps que le jour électrique. Tu sais de quoi je parle. Des insectes coincés dans les tubes brûlants. De leurs ailes qui tombent dans nos verres d’alcool.
Je te jure que sans ça il n’y aurait pas de jours.
 
Par Mary and Co - Publié dans : Autres histoires
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Vendredi 24 novembre 2006 5 24 /11 /Nov /2006 16:54
Personne, aujourd’hui, ne nettoie le ciel. Mais ça aurait pu se faire. C’est certainement prévu sur un planning, quelque part : nettoyage de la voûte céleste, de telle heure à telle heure. Avec le nom des agents de maintenance inscrit dans la marge.
En vous attendant, je m’imagine en laveur d’étoiles. Sacré boulot !...Bon d’accord, c’est un mensonge ! Je ne vous attends pas. Je fais comme si. Vous savez, avec un gobelet de café dans la main sur lequel je souffle en surveillant l’horloge. Et aussi, j’égare des pas dans la salle prévue à cet effet.
Vous n’arrivez jamais. Pourquoi le feriez-vous ? 
Je ne suis pas fou. Sûr qu’un jour, vous descendrez à Grand Central terminal, comme tout le monde. Vous hésiterez quelques secondes sur le quai et ceux qui n’hésitent jamais vous bousculeront involontairement ou parce que ça fait new yorkais. Vos mains seront gantées de cuir. Vous n’aimez pas ça, mais le froid vous y obligera. Oui, parce que ça sera l’hiver. Un hiver cruellement mordant.
Votre arrivée par le train de Boston me plairait assez. À cause d’un livre que j’ai lu, autrefois. Vous hésiterez à affronter Manhattan et errerez longuement sous les constellations. Peu à peu, vous ferez comme si vous attendiez quelqu’un.
Par Mary and Co - Publié dans : Autres histoires
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Dimanche 3 septembre 2006 7 03 /09 /Sep /2006 12:09
La peine, la peine, la peine ! les larmes quittent le corps, rejoignent les flots mystiques où elles se fondent dans les vapeurs matinales.  Sauf une. Deux en vérité qui deviennent les yeux de l’animal aimé. Des yeux trempés dans une âme limpide, couleur eau avec des reflets solaires et des traces sombres qui surnagent. Après, dans leur corps félin, ils vous suivent comme votre ombre. C’est ce que l’on aime croire. Nous les suivons, en fait, pour qu’ils nous sortent de l’ombre. Et ils y réussissent. Pas si dur pour eux.
Quand leur lumière nous touche enfin, de manière définitive, ils vont attendre la rivière, car la rivière se déplace pour eux et ils disparaissent de nos jours d’après. Mais pas vraiment.
Les gens comme moi savent qu’ils vont partir avant qu’ils ne s’en aillent. Mais quand ils partent, quand même, c’est insupportable.
La mort ?  Si vous le dites, nous lancent-ils, avant de filer vers d’autres desseins.
 
A Lola.
Par Mary and Co - Publié dans : Autres histoires
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Jeudi 10 août 2006 4 10 /08 /Août /2006 22:31
 
C’était un jour lumineux. Je commence souvent comme ça, j’installe le jour. Où poserions-nous nos yeux si je ne le faisais pas ?
Vous étiez, ce jour-là, si triste, que j’aurais préféré un jour de pluie. De cette pluie qui dure depuis tant de jours qu’on ne croit plus aux extérieurs. De fait, les choses se passent ainsi : on se réfugie au Time Warner Center, boire un café dans cette librairie qui porte mon nom au pluriel : Borders. Non sans avoir, auparavant, feuilleté quelques Virginia Woolf et libéré de ses pages des mots insensés.
Mais c’est impossible. Le Time Warner n’existait pas encore ce jour-là.
Je ne peux vous décrire autrement qu’après avoir longuement rêvé de la vie rêvée. Et alors, ne suis-je pas écrivain pour cette unique raison que la vie est insuffisante ? Hé ! aussi pour que le rêve pénètre les jours lumineux et que je vous rencontre.
 
Par Mary and Co - Publié dans : Autres histoires
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Samedi 5 août 2006 6 05 /08 /Août /2006 21:28
 
 Allez! pénétrons les extérieurs. Enivrons-nous de la chaude haleine humaine d’avant le baiser et persuadons-nous que le temps est, dans la ville, un paria se nourrissant d’ordures trouvées dans les bennes des arrières cours, ne dormant que d’un œil sous les néons verdâtres d’un open 24 hrs.
Allez ! croisons-le exprès et oublions notre humanité. Rions fort et brisons ses espoirs de seconde fortune, quand on en surprend un dans son regard à demi clos, tendu vers les pointes dorées.
Recouvrons son corps maigre d’un carton supplémentaire en l’assurant que la lame glaciale de la nuit ne fait pas de détail.
Allez ! courons vers les lumières élaborées, vers les murs vibrants d’un club de Park Avenue, peut-être. Trempons nos lèvres dans un vin californien au goût de sang et rions fort. Attendons le matin qui ne vient pas, bien sûr. Comptons les secondes qui nous en séparent à l’aide de nos battements de coeurs. Affolons-nous de leur trop grande rapidité. Ayons peur de mourir.
Allez ! Retournons dans la ruelle. Il est temps.
Par Mary and Co - Publié dans : Autres histoires
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Vendredi 7 avril 2006 5 07 /04 /Avr /2006 16:50
 

(Portrait tentant de la femme et de l’enfant

Soulevé de l’obscur)

 

 

 

Approche et écoute ta mère

Parle-lui aussi du temps qu’il lui reste

Et souffle ton amour

Dans la grâce de son sourire

Baise-lui la joue

Et sauve-toi

Avant qu’elle ne vienne avec toi

                  

 

 

 

Par Mary and Co - Publié dans : Autres histoires
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