CHRONIQUES NEW YORKAISES
Sois moins superbe mort que tu ne le fus vivant. À la table des rois, n’abreuve de ton sang poudreux que les âmes qui volent au dessus du repas.
Oublie tout et ne laisse rien s’échapper de toi. Oublie tout. Jusqu’à ta descendance.
Sois moins superbe mort que tu ne le fus vivant. Oublie que tu existas. Oublie que les jours d’avant tu vivais d’espérance. Oublie que le jour d’avant tu perdis tout espoir et que ta chair se révéla, enfin, douloureuse.
Oublie que tes yeux laissèrent pénétrer les venins
Oublie que tu existas. Et n’envie pas notre
sang circulant qui n’irrigue que de pauvres champs pulmonaires. Oublie que tu respiras avec peine. Que
tu marchas péniblement pour preuve symbolique.
Oublie que tu cherchas l’impossible pierre veinée de carmin. Oublie la rouille qui s’écoule dans les rus des cimetières maritimes.
Oublie le soleil blanc et ses ombres mal définies encerclant les errants.
Sois moins superbe mort que tu ne le fus vivant. Et
vis enfin
Ce que vous dites