CHRONIQUES NEW YORKAISES
La première à préférer que la nuit tombe. À pénétrer dans les couloirs étroits des bâtisses éloignées des avenues 5, Park et Broadway pour plus d’obscurité encore. La première à posséder une arme de poing. À la vider dans le bois des bancs et les
figures peintes. À dormir sur les planches fendues par ses soins, après les pluies d’été qui s’évaporent en laissant sur sa peau une trace à l’odeur
boisée. Une partie de sa peau. La première à distinguer dans l’eau chlorée des fontaines et noire des rivières l’ombre d’une âme-sœur défunte.
Les yeux percés et la bouche pâle. La première à préférer que la nuit tombe. À percevoir le bruit de
son effondrement. La première à se souvenir des heures de plein jour.
Ce que vous dites