CHRONIQUES NEW YORKAISES
Un jour aurait
suffi. Un jour sans fin aux heures se comptant du ravage à la guérison. Un jour de saison intermédiaire, avec un ciel gris le matin et percé de rayons quelques heures plus tard. Mais des
prêcheurs, juchés sur des capots de berlines noires, nous prévenaient que de telles taches solaires n’annonceraient rien de bon. Elles dissimuleraient des enfers et Dieu reconnaîtrait les siens.
Tous ceux qui ne s’y vautreraient pas en attendant le soir déplorable. Il fallait attendre le soir déplorable dans les parties sombres, en grelottant de froid et d’autre chose. Une peur
bénéfique, ainsi la nommaient-ils bien qu’elle fût effroyable. Pas d’autres alternatives. Un billet assuré pour le paradis. De la belle parlotte agrémentée de gestes étudiés dans les salles de
séminaires des hôtels Hilton de la Côte Ouest.
Un jour aurait suffi qui allait de la naissance à la mort d’un homme d’âge mûr. Mais il fallait en plus puiser dans les songes. Errer dans leurs allées peuplées de fantômes. Qui d’autres dans les rêves ? Les heures répétées rallongeaient la durée du jour. S’éloigner de la guérison, c’est tout ce que l’on gagnait.
Ce que vous dites