CHRONIQUES NEW YORKAISES
La vitre du
taxi embuée à l’intérieur et parsemée de gouttes de pluie à l’extérieur. Du Skaï noir déchiré par endroits. Des lambeaux de tissus nuageux qui s’effilochaient. Un écran où défilaient des pubs et
des prévisions météo. Pour l’heure il pleuvait. Les gouttes étaient entraînées par la vitesse. Mais pas depuis un moment. On était coincé sur la 5e. Alors elles glissaient lentement
après s’être écrasées. Peut-être pas la 5e. Je ne distinguais rien du dehors. La main du chauffeur tapotait le volant. La main gauche. La droite posée sur sa cuisse. Elle se soulevait
quand il marmonnait un juron et retombait lourdement, à plat. Des formes indistinctes frôlaient la tôle de la Ford. Des lumières déformées,
fluorescentes tout autour de moi. Certaines mouvantes. Toutes celles emprisonnées dans l’averse. Aucune parcelle de nuit. Je n’avais pas de quoi tenir la distance. Garder mon corps dans le métal.
Peut-être quarante ou cinquante dollars. Et des poussières.
Ce que vous dites