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Manhattan, people and locations Short stories sur New York, les gens, les lieux. Vision new yorkaise d'un écrivain.

A brand new day

Ann F Border

On supposait qu’il y avait de meilleurs jours. Sous d’autres cieux disait martin Marksman. Rien qui ressemblait à ça par ici.  Mais je n’avais pas de rêves qui mènent au large. Pas d’enjambées gigantesques pour traverser la rivière. Je supposais qu’elle atteignait la mer ou l’océan. Je ne connaissais pas la différence entre des mots comme mer et océan. Aucun de nous ne la connaissait. Le jour déclinait tous les jours et parfois plusieurs fois par jour et ça suffisait. De Brooklyn, nous possédions Manhattan et ça suffisait aussi. On restait là, penchés sur la balustrade où on se retenait de cracher parce que celui qui souillait la rivière était maudit à jamais. Comme Howard Shepard qui était mort le lendemain d’un crachat royal qu’on avait tous admiré.

A son enterrement, il avait fallu retenir sa mère pour pas qu’elle s’enfonce dans le sol. Deux hommes la soutenaient en regardant droit devant eux. C’était leur mission. Pas des moindres selon Martin Marksman. Parce qu’il y a des forces terribles sous la terre des cimetières. Plus tard, la mère d’Howard a craché sur le prêtre. Quand il a commencé à faire des paraboles. Et elle est partie en courant. On a emboité son pas. Elle courait comme un animal pourchassé. Changeant de direction brutalement en poussant des cris rauques.  La transpiration coulait sur nos joues et il était plus facile de pleurer. On a couru jusqu’à ce qu’on ne se souvienne plus de rien. La malédiction, l’enterrement, la mère d’Howard qu’on avait perdu de vue depuis longtemps, et Howard lui-même.

On supposait qu’il y avait de meilleurs jours à chaque fois qu’on pensait à celui-là. Jusqu’au jour où Martin Marksman cracha dans la rivière, à cause d’une fille qui lui avait brisé le cœur.

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