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Manhattan, people and locations Short stories sur New York, les gens, les lieux. Vision new yorkaise d'un écrivain.

1989 et autres dates

Mary and Co
Allez ! c’est comme ça que les chiens voient. Ou d’autres animaux, je ne sais pas. Et moi, souvent. Ça dépend de l’heure. Enfin, autrefois ça dépendait de l’heure. Rien à voir avec la nuit ou le jour. C’était une heure plus ou moins chimique ou alcoolisée. Aussi, J’ai arrêté de marcher, je rampe maintenant.  Mais, si j’y avais pensé, j’aurais pu voler, quelquefois.
Souvent, je regarde les hommes transpirer au travers des baies vitrées des salles de gym, ou fumer une cigarette dans la rue, encore absorbés par le taf, malgré les étages descendus et la musique d’ascenseur. Du jazz, avec de la chance. Pas Sex Mob, ça pourrait leur péter la tête. Ils finiraient par me ressembler. Allez ! y a pire que moi. Mais c’est de mon point de vue, alors ça compte pas. Quoi ? Ils auraient une vision monochrome de clébard, et des ailes, des quantités d’ailes ! Plus qu’il n’y a d’anges. Et après?  Dans leurs mains, elles deviendraient carrément dégueulasses. Eh ! c’est New York, ici.  Et puis, ils les abandonneraient une à une, à chaque coin de rue, en les balançant dans les bennes, en espérant les échanger contre de la came, en les oubliant, en les déplumant.  Après, ils commenceraient à ramper, l’estomac noué par les crampes. Parce que, pas une seule fois, ils n’auraient utilisé les ailes comme accessoire de vol.
Fait chier ! je sers à rien.
( je ne suis pas sans espoir. Je cherche ce que j’ai perdu, en allant mourir. Ce n’est pas de ma faute si c’est sur le même chemin).
 
 
 New York, 1989.
 
 
 

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