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Manhattan, people and locations Short stories sur New York, les gens, les lieux. Vision new yorkaise d'un écrivain.

In my steps

Mary and Co

Il se demande si c’est une belle journée. Il suffirait qu’il écarte les rideaux pour sans assurer. Mais l’obscurité lui convient. Il le saura bien assez tôt. Quand  le jour disparaîtra avec le sommeil, ou lorsque le désir d’errance l’obligera à mettre le nez dehors. Ça l’emmerde toutes ces choses qui le retiennent ici. Ces détails qui retiennent tous les hommes. L’idée d’un café chaud, il n’en faut pas plus que ça pour remettre à demain la balle dans la tête. À coup sûr, une belle journée, tout juste voilée par un mal de crâne qui l’oblige à froncer les sourcils et lui donne un air menaçant.  Il se ressert un grand verre de cet alcool qu’il n’a toujours pas identifié. Deux flacons pour le prix d’un, ça lui avait suffi. Deux flacons, c’est rien d’autre qu’une clepsydre. Une bonne raison de ne rien foutre pendant qu’ils se vident. Il écarte les bras et étend son corps, jusqu’à ce que ses pieds dépassent du lit. Il penche la tête vers l’arrière et aperçoit le crucifix au mur.  Foutu Christ ! Sa faute à lui, la faute aux blancs et à sa pute de mère qui le fringuait comme une gonzesse parce que les hommes la répugnaient. Mais ça n’avait pas duré.  Elle avait donné un baiser au pavé de la ruelle à même pas vingt cinq ans. Après, l’administration s’était chargée de le fringuer. Comme un basketteur, la plupart du temps. À cause de sa couleur sans doute. Et ça avait duré jusqu’à ce qu’elle le foute à la rue de manière officielle.

A présent,  il pense à sa mère comme à une enfant, parce qu’il est plus vieux qu’elle. C'est une triste gosse. Le détail qui le retient ici.  

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