CHRONIQUES NEW YORKAISES Allez quoi, file-moi de cette bonne vieille came ! Tu sais de quoi je parle. De celle qui éclaircit mon esprit brouillé par ce bon vieux whiskey. Celle qui remonte la rivière jusqu’aux quartiers chauds. Celle qui m’évite de voir que la chair juste née, qui arpente là-bas, prie déjà pour crever. Celle qui me fait apercevoir Dieu dans les églises et ma mère au coin de la rue. Chipote pas pour le blé ! C’est pas la saison. Je te paierai quand le soleil aura d’autres ambitions que de chauffer les richards derrière les vitrines. Au printemps, pourquoi pas. J’aurai des graines plein les poches. T’auras qu’à te pencher pour les ramasser. Des graines ailées qui foutront le camp vers le sud où les ancêtres leur préparent déjà des couronnes de fleurs sur une plage de Mazunte et prient pour elles en dessinant des étoiles sur le sable. Allez quoi, file-moi de cette bonne vieille came ! De celle qui se lève à ma place, qui marche dans mes pas, qui remue mes lèvres. Celle qui arrache les souvenirs comme des fleurs à la volée, qui met des points au milieu des phrases, qui ouvre les arcades divines et sourcilières. Celle qui était déjà bonne pour mon père. Tu sais de quoi je parle. De celle qui connaît l’adresse de la faucheuse.
Ce que vous dites