CHRONIQUES NEW YORKAISES
Faut pas que les lettres, ça te rassure, mon frère. T’es paumé, point barre. T’es foutu. L’avenue D, elle te sauvera pas la vie. Cours, si ça te chante,
balade-toi dans l’alphabet. Ma lame est véloce. Elle fend l’air, elle assassine le vent. Elle s’en fout de causer des trous dans la couche d’ozone. La pollution, mon Pote, c’est pas ce
qui me tuera. Le temps d’exposition aux toxines, c’est le problème des gamines en redingote rouge, qui crèchent à l’Hilton pour les fêtes de Noël., pas le mien.
Non, moi je compte tout en minutes. J’ai pas quinze ans. Alors cours, frangin, parce que je vais prendre ton bien le plus précieux. Tes foutues heures de
rab.
Avenue A. J’ai vécu là un temps. Pas toi, on dirait. Merde ! arrête d’hésiter. Tourne à gauche, dans la ruelle. Bientôt nos
âges seront mêlés et je serai peinard pour un temps. Qu’est-ce que tu veux que je fasse avec ton fric ? Ça me déçoit que tu me prennes pour un junkie. Sûr que ta liasse, je pourrai
pas l’écouler chez Saks. Mais pas plus dans les caves, mon Frère. J’ai des entrées nulle part. J’ai que la rue. Dommage qu’elle soit farcie de regards qui me percent comme des poignards. Toi
et les tiens, vous m’avez troué les premiers, saloperies d’assassins !
Allez ! dégage, Mister Everybody. Je suis contre la peine de mort.
Ce que vous dites