Jeudi 27 décembre 2007
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Il était une fois un hiver bien étrange, où la neige ne tomba qu'une unique et seule fois. De fait, elle disparut bien vite des rues de Manhattan, devenant
une boue noire chassée dans les fossés par les pneus des interminables Cadillac Escalade. Et toute la ville fut bientôt recouverte d'un voile qui teinta de grisaille ses innombrables quartiers,
les songes de ses habitants et les surfaces lumineuses des patinoires du Rockefeller Center ou de Bryant Park.
Cependant, des flocons irisés de rose et de bleu pâle se posèrent sur le sol parfois rocailleux de Central Park. Et malgré la tiède et blafarde atmosphère
qui régnait alentour, la neige persista jusqu'aux premiers jours du printemps et même, mit un soin particulier à son installation. Elle déploya de larges tapis sur les pelouses de Sheep Meadow ou
de Great Lawn, s'éparpilla en paillettes dans les allées du Mall, s'amoncela dans le creux des sculptures pour en dégager les reliefs et s'insinua dans les veines des roches si parfaitement qu'on
eut cru qu'un sang de givre circulait sous la pierre. Enfin, les rayons d'un soleil lointain vinrent se refléter sur la surface figée des pièces d'eau du parc. Jamais l'hiver ne fut mis en valeur
d'aussi juste façon.
C'est ainsi que Central Park conserva sa parure neigeuse jusqu'à la fin du troisième mois calendaire. Et pas un conteur ne saurait expliquer cela car tous sont humains et non (plus) de la
nature.
Par Mary and Co
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Publié dans : Les contes de Manhattan
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