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Manhattan, people and locations Short stories sur New York, les gens, les lieux. Vision new yorkaise d'un écrivain.

Lunch Poem *6

Mary and Co
prince-street-2.jpg Les rêves montent dans les étages depuis que des trombes de terres dissimulent les tombes et la terre. Depuis plus longtemps sans doute. Mais personne ne se doutait que c'était à ce point une connerie de croire au songe américain en restant clean. Aussi, on regarde tous avec envie les bras percés du type qui va crever dans la ruelle refroidie par un vent d'hiver, surprenant en cette saison. Un automne en pire. Fall in english.
Une récréation touristique. Des tas de tocards n'ont jamais foutus les pieds dans le Bronx, sauf pour la messe négresse, parce que le bus blindé est compris dans le city pass-pass. Jamais foutus les pieds dans Central Park à la saison rousse. Irish in english.
Et pas loin (dans le temps) des fils de pute assermentés matraquent à tour de bras parce que la nuit, tous les noirs sont gris. Tous les flâneurs du parc des salopes de pédales qui comparent leurs braquemarts à la lampe torche. J'entends gueuler les mecs agenouillés et je bouche mes oreilles avec une page du New York Times humide. Du plomb dans la cervelle, c'est tout ce que ça me fait. Je ne dors pas quand même. Une insomnie chronique, tu la bousilles pas avec les nouvelles de la veille enfoncées dans le crâne. Je sais pas. J'ai pas envie de savoir comment ça va finir. Plus d'innocents dans le secteur depuis longtemps. Demain, je me boucherai pas les oreilles, pour faire un pas en avant, quelque chose de ma vie. À Gotham, c'est presque assez. Une avancée sociale.
Le fils de mon fils : Harlem c'est où ? Entre la 96e et the Heights, je réponds. Merde, je connais l'île comme ma poche, jamais entendu parler !
Dans des sacs en papier kraft remplis de substances pour passer la nuit, les rêves montent dans les étages, avant d'exploser sous la masse du caterpillar. En longeant le couloir éclairé par des ampoules pisseuses, je sens sous mes doigts les lézardes qui lui faciliteront la tâche.
Après, la mafia négociera les gravats.
À l'aube, les ailes des anges recouvrent les corps des putes égorgées. Combien de putes sans se froisser ?
 
Encore une fois, New York s'étend de là à là.   Pollock en a dessiné le plan. Vois ce que ça donne. Si rien d'autre que ça, casse-toi !

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