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Manhattan, people and locations Short stories sur New York, les gens, les lieux. Vision new yorkaise d'un écrivain.

Pygargue à tête Blanche et Brownstone

Mary and Co
Dans le rêve, il prononçait « pycargue » à tête blanche. Dieu merci, il n’y a jamais croisé d’ornithologue.
Il courait bras tendu, doigt pointé vers le ciel quand l’un d’eux survolait le borough.
Ça n’arrivait jamais.
Les rapaces ne survolaient pas New York.
Il courait et criait fort pour ceux qui n’étaient pas descendus profiter de la douceur nocturne.
Dans les rêves, on ne réveille personne.
Dans le rêve, il se recroquevillait à l’angle de la 8 ième et de la 34 ième et le silence était un acteur majeur. Jusqu’au moment où le son approchait. Comme celui d’un drap lourd qui claque au vent. Les ailes brisaient l’ombre. Chaque brassée d’air attisait les braises translucides d’un feu aveuglant à présent. Il réveillait la ville juste avant que l’on ne puisse plus se souvenir de rien. Avant les ruines et l’absence.
Une impression de rétine.
Oui mais ça ne valait rien à cause de la faute d’orthographe.
Et puis, ça n’arrivait jamais de croiser un symbole. Nos rêves ont d’autres raisons d’exister.
Plus tard, il accrocha un drapeau à la façade du brownstone où il habitait, avant qu’on le démolisse.
Ça n’a pas de sens d’enterrer un oiseau. D’abord, il le regarda tomber.
Après, il rêva d’autre chose avec la certitude de ne plus faire d’erreur de langage.
Ça n’arrivait jamais.
Il prononçait encore, de temps en temps, et ça n’était pas inutile, « pycargue » à tête blanche.
 

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