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Manhattan, people and locations Short stories sur New York, les gens, les lieux. Vision new yorkaise d'un écrivain.

Lunch Poem *10

Ann F Border
Lunch Poem *10
Lunch Poem *10

Ne rien faire, penser comme en hiver. Dans le parc regarder le manège clos tourner. Ne rien faire. Ne pas s’en faire. Se souvenir de quelque chose. Un objet. Le tenir dans la main. Le serrer. Une pierre. Une pierre ramassée, sauvée de la nature. Déplacée, abandonnée. Ramassée dans l’allée. Une pierre tenue toute une journée. Le manège tourne. Le regarder encore. Des enfants sur des chevaux vivants. Ce qui compte c’est ce qu’ils pensent. Des chevaux vivants. Une prairie. Une ville bâtie dans la nuit à cause de l’or toute proche. Enfouie dans des grottes indiennes. Des cimetières. Des enfants avec...

En face, les enfants de Segal et d'autres lieux

Mary and Co

Enfants, nous étions forts quand nous prenions du sable dans nos mains et qu’il glissait entre nos doigts pour se répandre sur la surface de l’eau à la manière d’une pluie sèche. Ça ne voulait rien dire pour nous. Nous possédions une île où j’enterrais des oiseaux d’or qui mouraient dans les terres pendant les saisons froides. Une pauvre île avec un trône de granit en contrebas. Enfants, nous courions sur la dune. Avec un sérieux de géomètre qui mesure ses pas. Nous avons toujours couru sur la dune. Du rivage, nous regardions la grande mer et plongions vers Ys transis de froid. Nous avons toujours...

Lunch Poem *9

Ann F Border
Lunch Poem *9
Lunch Poem *9

Un terrain vague. Vu des fenêtres du bâtiment, il ne s’y passe rien. Le bâtiment porte un nom. A. Je fais un mot avec la lettre. Assassin. Si c’est A, c’est assassin. Il ne reste pas beaucoup de mots. Il faut faire avec. Il reste des assassins. Un terrain vague souvent dans le brouillard à cause de la géographie des lieux. Une femme le traverse et ses jambes soulèvent de la fumée. Une fumée lourde qui peine à se déplacer. Je ne sais pas dire si c’est joli à regarder. C’est triste. A cause de la femme qui se retourne souvent. Sur son passé. Elle ressemble à un ange qui aurait perdu un organe essentiel....

Le jour à volonté

Mary and Co
Le jour à volonté
Le jour à volonté

Le soleil balance ses rayons dans la rivière et ils éclatent comme du verre securit sur la surface. Les garde-côtes les dispersent avec leur Zodiac. Ou les ferries avec leurs énormes coques. Une ligne écumeuse sépare un moment les éclats puis ils se rejoignent formant une traînée étincelante, une marée aurifère ballottée par le rythme du trafic. Le trésor de la cité des idiots. La vieille secoue la tête. La nuit le fera disparaître. Il tombera dans un ciel sous pression. Un ciel si profond qu’il n’est pas utile de posséder d’yeux pour y circuler. Et l’envers de la ville envahira l’onde et un terrain...