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Manhattan, people and locations Short stories sur New York, les gens, les lieux. Vision new yorkaise d'un écrivain.

Une étoile pour Hermann Barrel

Ann F Border
Une étoile pour Hermann Barrel
Une étoile pour Hermann Barrel

Il tombait du ciel des morceaux d’étoiles minuscules. Personne ne les vit à part Hermann Barrel qui voyait toujours un tas de choses en sortant du pub. Mais il voyait aussi des choses étranges avant d’y entrer. Et c’était pour les oublier qu’il s’accoudait au comptoir. Il n’en partait qu’une fois encerclé par une armée de bouteilles d’American Bud. Le barman ne débarrassait jamais les alcooliques de leurs cadavres. C’était un moralisateur qui pointait aux Alcooliques Anonymes depuis douze ans. Un masochiste qui vivait sous le même toit que sa tentation. Hermann se foutait des dégâts de l’alcool....

Boys of New York (a dance)

Ann F Border
Boys of New York (a dance)
Boys of New York (a dance)

On dévalait la rue et bientôt la déclinaison de la pente s’empara de nos corps. L’unique façon de ralentir notre course était de s’agripper aux épaules de celui qui nous devançait. George Bailey était en tête comme toujours. Ses bras moulinaient l’air. Il riait en criant et le son de sa voix nous pénétrait, nous entraînait aussi sûrement que la course. J’ai cru à certains moments que ses pieds ne touchaient pas le sol. Cette putain de rue n’a pas de fin , gueulait-il entre deux quintes hystériques. Enfin le soleil fit ce que nous attendions tous, il se cala en plein milieu de la rue. On ressemblait...

Le quarter

Ann F Border
Le quarter
Le quarter

Il ne se rappelle plus très bien de ce qui s’est passé cette nuit. La première chose qu’il fait en se levant est de compter son argent. Un dollar. Divisé en quatre. Quatre petites pièces de métal. Ce n’est pas bon signe. Il tente de se souvenir. Vers onze heures il est allé faire un billard chez Maddy, juste pour le plaisir de la voir. Il a joué contre un argentin, Emilio, qu’il a surnommé Emilia parce que l’autre lui avait fait un clin d’œil involontaire plus tôt dans la soirée. L’argentin riait fort. Ses lèvres s’étiraient sur les côtés comme de la matière élastique, découvrant deux rangées de...

The workmen

Mary and Co
The workmen
The workmen

Les hommes portaient des blocs de pierres et des barres de métal à bout de bras. On ignorait où avait débuté leur cortège. Leurs muscles tremblaient, prêt à se rompre sous le poids inhumain de leur fardeau. Mais ils ne bronchaient pas, absorbant la douleur en fredonnant des kyrié eleison au travers de leurs lèvres mi-closes. Ils atteignirent enfin la rivière et lâchèrent leur charge sur les quais avec soulagement. Certains, épuisés, en profitèrent pour mourir. Ils frappaient du pied le bois de la jetée et le son remontait jusque dans leur cœur, puis ils s’asseyaient contre un mur et s’éteignaient,...