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Manhattan, people and locations Short stories sur New York, les gens, les lieux. Vision new yorkaise d'un écrivain.

Lunch Poem *8

Mary and Co
Lunch Poem *8
Lunch Poem *8

La peau sur les os, mon Frère. La peau et les os et les dieux dans le ciel qui s’échangent leurs anges, pour ne pas passer une angoissante nuit supplémentaire. Avec leur manège, j’ai les membres brisés. C’est à peine si je marche, à l’heure où je te parle. Et voler, je laisse ça à d’autres, dorénavant. Aussi beau que je fus, je n’en meure pas moins. Aussi belle ? Qui le sait. A part toi, mon Frère. Tu as a volé plus que moi. Plus de richesses te reviennent, car tes yeux voient encore. Moi, je me satisfais des marbrures rosâtres d’un parquet de chambre commune. Oublie que j’ai souri plus souvent...

Le boxeur. Partie XI

Mary and Co
Le boxeur. Partie XI
Le boxeur. Partie XI

Elle alla s’isoler un moment dans les toilettes, après que la fille fut partie. En se regardant dans le miroir, elle remarqua que ses yeux la fuyaient. Ses propres yeux. Elle se cala contre la paroi carrelée, et resta immobile quelques secondes. Après quoi, elle reproduisit chacun des gestes de la fille, pour tenter de comprendre sa fuite. A sa manière, elle écarta les cheveux de son visage, avec précaution, comme on dégage les feuilles mortes des fleurs naissantes. Puis elle imita son sourire. Un étrange sourire qui s’était perdu dans une expression de tristesse. Mais elle ne le déchiffra pas,...

SweetHeart, poor heart

Mary and Co
SweetHeart, poor heart
SweetHeart, poor heart

SweetHeart buvait l’eau de la rivière chaque jour que lui donnait ce satané Créateur, en gueulant, à qui l’en dissuadait, que ce qui nous dézinguait pas, nous rendait foutûment plus fort. Il est vrai que les forces lui faisaient défaut. Il est vrai qu’il descendait d’une longue lignée d’allumés qui illuminaient les souterrains de Gotham City depuis perpète. SweetHeart buvait l’eau de la rivière depuis qu’il buvait, parce qu’il réservait ses dollars aux liquides plus sophistiqués. Et l’eau des fontaines sentait les chiottes de dispensaire, et il craignait de s’étouffer avec l’énorme bulle des fontaines...

Lá Fhéile Pádraig. Le Conte de la pierre, du coeur de pierre

Mary and Co
Lá Fhéile Pádraig. Le Conte de la pierre, du coeur de pierre
Lá Fhéile Pádraig. Le Conte de la pierre, du coeur de pierre

Il y avait sous les terres d'Irlande, au plus près du noyau terrestre, une pierre rouge. Un cœur de pierre. Et le feu tellurique, augurant de sa malédiction, tenta bien de le réduire en cendres, mais ce fut en vain. Il en appela alors à Dieu pour l'aider dans son ouvrage. Las, celui-ci détourna le regard. C'est ainsi que pénétra dans l'âme des Irlandais une mélancolie qui ne les quitta plus. Et bien que leur foi ne faillit pas, ils n'en tirèrent pas moins la leçon. Dès lors, ils agirent par eux-mêmes et ne recoururent à la prière que lorsque toute action humaine avait échoué. C'est ainsi que le...

Mister Everybody, l'assassin

Mary and Co
Mister Everybody, l'assassin
Mister Everybody, l'assassin

Faut pas que les lettres, ça te rassure, mon frère. T’es paumé, point barre. T’es foutu. L’avenue D, elle te sauvera pas la vie. Cours, si ça te chante, balade-toi dans l’alphabet. Ma lame est véloce. Elle fend l’air, elle assassine le vent. Elle s’en fout de causer des trous dans la couche d’ozone. La pollution, mon Pote, c’est pas ce qui me tuera. Le temps d’exposition aux toxines, c’est le problème des gamines en redingote rouge, qui crèchent à l’Hilton pour les fêtes de Noël., pas le mien. Non, moi je compte tout en minutes. J’ai pas quinze ans. Alors cours, frangin, parce que je vais prendre...

Le boxeur. Partie X

Mary and Co
Le boxeur. Partie X
Le boxeur. Partie X

Une sacrée pute, cette Annabel Chester ! Fallait la voir courir vers le centre pour arnaquer les tocards, à la tombée de la nuit, avec ses fringues et sa quincaillerie contrefaites. Dans le quartier, on lui donnait pas plus d’une jeunesse à vivre. Elle était frêle comme une fleur d’ombre. Il se disait qu’un truc la rongeait. Jack, peut-être, ou cette saloperie de sida. Fallait la voir tracer à travers le parc, sans se retourner. Rien qui l’effrayait. Ni les ombres monstrueuses des grands chênes, ni les pas qui crissaient dans l’allée. Pourquoi elle aurait eu peur ? Elle avait la mort avec elle....