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Manhattan, people and locations Short stories sur New York, les gens, les lieux. Vision new yorkaise d'un écrivain.

The twilight, the junkie and the Death.

Mary and Co
The twilight, the junkie and the Death.
The twilight, the junkie and the Death.

Le crépuscule était en avance. Une fois de plus. C'était assez fréquent ces derniers temps, mais là, c'était plus tôt encore. Il devait être trois heures et la nuit descendait comme un store baissé par une vielle femme. Personne ne s'en inquiétait. Parce que ça s'opérait lentement, peut-être. Le plus étrange, c'est que tous possédaient une vision féline, alors que moi, une heure plus tard, j'y voyais plus rien. J'avais bien lu des trucs sur l'adaptation aux changements, mais là, c'était carrément trop rapide. Peut-être que j'étais le taré de la meute. Pourquoi je me posais cette question ? J'avais...

Lunch Poem *4

Mary and Co
Lunch Poem *4
Lunch Poem *4

Quand je me sens comme le plus petit des oiseaux Faut pas me chercher Ça serait comme le coup de l'aiguille dans la meule de foin Une peine perdue Oh ! ça me rappelle Un jour ça m'est arrivé Une grande chance de l'avoir paumée À la Battery ou plus tôt dans la journée Parce que c'était une sacrée peine Et quoi j'ai essayé de remettre la main dessus Parce qu'en fin de compte elle me manquait beaucoup Au point que de temps en temps Je faisais semblant de l'avoir retrouvé Je reniflais fort Je frottais mes yeux avec du citron D'une voix éteinte à trois heures du matin Je disais au taxi de me déposer...

Inventaire de Scottie James Barnett

Mary and Co
Inventaire de Scottie James Barnett
Inventaire de Scottie James Barnett

Certaines choses lui appartenaient pour de bon. La grosse verrue sous son pied gauche qui le faisait boiter et lui donnait des airs de vétéran. Il disait comme ça : Vietnam ! jusqu'au milieu des années 80, et : Irak ! ensuite, en exagérant sa claudication quand il passait près des bâtiments de l'administration. Une montre sans aiguilles avec un bracelet en croco, trouvée dans Chelsea Park. Une saloperie de toux chronique. Une collection de cicatrices. Un vinyle de Bechet, le Sydney Bechet in New York de 1950, première édition. Des gants de cuir brun à ex-doublure de soie qui lui noircissaient le...

Monday, tuesday, wednesday...

Mary and Co
Monday, tuesday, wednesday...
Monday, tuesday, wednesday...

Des silhouettes féminines et payantes arpentaient la rue, la tête penchée vers le sol et tirant sur leur jupe en cuir dans l'espoir inutile de couvrir jusqu'aux genoux une peau marbrée par le froid. Je la supposais ainsi, car le faible éclairage m'empêchait de la distinguer mieux. Des peaux noires et blanches. Bien que les peaux noires n'existent pas. Ni les blanches, d'ailleurs. Je pensais que l'utilisation plus fréquente des nuances aurait fait moins de dégâts, à coup sûr. Le vent allait me donner une migraine et aussi il faisait tournoyer des papiers froissés dans la ruelle. Un homme marchant...

Véhicule d'urgence

Mary and Co
Véhicule d'urgence
Véhicule d'urgence

Chère Amie, Il y a longtemps que je ne vous livre plus d'écrits. Me satisfaisant du bruit incessant de Manhattan. Le croirez-vous ? J'en suis au point d'apprécier le son des sirènes des véhicules d'urgence parce qu'elles me paraissent familières. Des muses ou quelque chose de ce genre. Oubliant qu'elles sont annonciatrices de drames, sans aucun doute. Mais mon propre silence me tue. Il est surprenant de ne plus être hantée. Les saisons à ma convenance, les hommes, les femmes et les histoires qu'ils me racontent me manquent plus que de raison. Car c'est ainsi que les choses se passent, n'est-ce...

Trois jours et nuits

Mary and Co
Trois jours et nuits
Trois jours et nuits

De longues traînées à l’agonie sur une plage Le Moulin Blanc soudain devient noir Un vent crache des blocs qui s’écrasent sur des souvenirs Des nuages à la brune, une lune brasier Sur une ville jadis privée de nerfs Réveillée par des beats agresseurs Des assaillants frénétiques Une ville hors d’atteinte à la substance friable Qui descend lentement dans la mer Les flots rougissants les nappes digitales à couteaux tirés Rencontrent une grève à la dérive Alourdie par le poids des hommes ruinés Des pierres tragiques bien trop polies Par les écumeurs d’âmes l’atmosphère Brown Sugar Ta bouche à jamais...

Par-dessus

Mary and Co
Par-dessus
Par-dessus

Elle portait une robe rouge sous un large manteau d'homme. De plus en plus lourd et brillant d'usure. Presqu'un miroir où se reflétaient les lumières, filantes quelquefois. À cause de ça, il lui arrivait de croire que Manhattan s'agrippait à elle pour la faire sombrer. Plus elle était ivre, plus la ville pesait sur ses épaules, cherchant à l'engloutir. Ça se produirait une bonne fois pour toutes, mais pour ça, il fallait boire encore. Dans le vestiaire du club, elle accrochait Manhattan à un cintre, avec plus de délicatesse qu'elle ne le désirait vraiment, et la ville disparaissait dans l'ombre...

Une omission

Mary and Co
Une omission
Une omission

C hère Amie, Quel âge aviez-vous lorsque vous couriez, malgré vous, sur les traces d'un songwriter de Freehold ? En vérité, je ne veux pas le savoir. J'aimerais juste que vous ne vous en souveniez pas. Je voudrais que vous ne prononciez jamais ces chiffres de la jeunesse comme appartenant au passé. Mon Amie, vous êtes la seule constance que je possède et je me moque bien du temps qui nous asperge de ses acides, tant que nous n'avons pas de mémoire désolée. Mais tout de même, le New Jersey n'existe pas sans vous. Et que dire de Manhattan ? Vous y avez grandi durant un seul été glacial et nous y...

Lunch Poem *3

Mary and Co
Lunch Poem *3
Lunch Poem *3

Je veux voir New York où que je sois. J'ai trop peur de partir sans avoir parcouru les innombrables artères humaines qui défilent sous le pont. Merde ! j'aurai pu simplement m'asseoir et serrer une main tiède jusqu'à l'épuisement. Mais je ne veux rien de plus que l'éternité et l'amour inventé. Je ne crois pas qu'il en existe un autre. Je veux New York où que je sois. Des murs crasses, des miles bétonnés où s'enferment les arbres pour mourir de vieillesse. Parce que quelquefois, la souffrance n'appartient qu'à moi. Et c'est bien trop de bruit pour rien. Un bruit qui couvre celui de la cité. Et ça...