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Manhattan, people and locations Short stories sur New York, les gens, les lieux. Vision new yorkaise d'un écrivain.

Scène de crime ou l'addition

Ann F Border
Scène de crime ou l'addition
Scène de crime ou l'addition

J'avais besoin de quelque chose de fort. Ça m'arrivait de plus en plus souvent. Quelques verres d'alcool russe, un morceau bien crasse de Too Short, un mec qui n'y mettrait pas les formes. Ça m'arrivait de plus en plus souvent. A chaque fois que je croisais mon visage dans le miroir. Il semblait surpris de me voir. De me voir ainsi, je veux dire. Et moi aussi, sans doute, je devais montrer de l'étonnement, car mon reflet avait l'air tellement triste et désolé pour moi. Après, j'avais besoin de quelque chose de la jeunesse. J'avais besoin de quelque chose de mortel, mais ça n'est pas comme ça que...

Le conte de la boutique fantôme

Mary and Co
Le conte de la boutique fantôme
Le conte de la boutique fantôme

Il existe dans le Village une boutique plus résistante que les autres, qui, de fait, a vu Manhattan débouler à ses pieds. Mais jamais elle ne lui cèdera un yard. Ni même, n'est-elle tentée, quand Greenwich a la côte, et ça arrive souvent, par les magnifiques têtes de présidents que lui proposent quelques médecins esthétiques, dentistes ou psychothérapeutes, pour qu'elle dégage. Pourtant, elle adore les reproductions de têtes de présidents. Mais elle en a déjà des tonnes et n'aiment pas les toubibs. Ils sentent l'éther, quelquefois. Afin qu'on lui foute la paix, elle ne ravale plus sa façade, bien...

Le boxeur. Partie VIII

Mary and Co
Le boxeur. Partie VIII
Le boxeur. Partie VIII

Elle portait des vêtements sombres, pas toujours noirs. De fait, la pâleur de son visage semblait plus lumineuse. Mais ça ne voulait rien dire, d'optimiste s'entend. La lumière accroche n'importe quoi. Même le flanc des bâtiments concentrationnaires. C'était un jour pourri. Un de ceux où elle ne pouvait se décider de vivre vraiment. Une boule comme un poing dans l'estomac et les pieds plombés. Le moment pour accomplir les choses interdites, par la peur, s'entend. Rejoindre le mouvement de la foule et voir où il menait, cette fois-ci. Elle marchait rapidement malgré la vieillesse, plus vite qu'il...

Lunch Poem

Mary and Co
Lunch Poem
Lunch Poem

The Grocery. J'ai rendez-vous ici. Pas celui de Brooklyn. J'entre et je m'assois à la table centrale. Un menu posé en paravent. Il y a plus d'empreintes sur sa couverture que dans les fichiers du F.B.I. Mes pancakes se noient dans le sirop d'érable. Aucun instinct de survie. Pas comme les noix de pécan qui gardent la tête hors de l'eau. Si je n'avais pas défailli, à cause de la chaleur, je ne serais jamais entré ici. Ça me laisse le temps de regarder. Que des habitués avec des postures éponymes. Bras le long du dossier, jambe relevée sur la banquette, transpiration sous les aisselles, qui serait...