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Manhattan, people and locations Short stories sur New York, les gens, les lieux. Vision new yorkaise d'un écrivain.

Le conte de l'écureuil et du cadavre qui voulait l'assassiner

Mary and Co
Le conte de l'écureuil et du cadavre qui voulait l'assassiner
Le conte de l'écureuil et du cadavre qui voulait l'assassiner

Il était une fois un écureuil new-yorkais qui vit mourir un homme, juste là, à ses pattes. On ne meurt pas, dans Central Park, de mort naturelle. Ou alors de crise cardiaque, mais ce n'est pas naturel quand même. C'est à cause des magazines. Il y a des humains qui pensent pouvoir ressembler à des photos retouchées. Pas de rides, pas de graisse et une lueur diffuse de 50 pour cent. Pour y arriver, ils courent durant des heures, avec The White Stripes à fond dans leur iPod. Voilà ce qui se passe : leur cœur, qui ne s'entend plus battre, s'arrête un moment pour s'écouter repartir et il ne repart pas....

Autre rive

Mary and Co
Autre rive
Autre rive

Plusieurs fois par jour, il allait regarder Manhattan. Sept fois. Comme les sept doigts de ses mains Une obligation qu'il s'imposait à cause du temps qui passe trop bruyamment quand il n'est pas rempli. Un peu comme les gouttes d'eau qui bouffent les nerfs en s'écrasant sur le carrelage. Flic-flac, tic-tac, du pareil au même. Surtout qu'il était presque sourd. Il n'avait jamais été sur la presqu'île. Même de son vivant. C'était pas pour lui. Trop…Bon sang ! il devrait pouvoir l'exprimer après toutes ces années. Trop grand, étourdissant, pollué, dangereux ?… Non, non, non et non ! Enfin oui, mais...

La nécessité de la climatisation.

Mary and Co
La nécessité de la climatisation.
La nécessité de la climatisation.

Tout se barre dans l'espace. Nos respirations, nos essoufflements, nos gémissements. Tout se détache de nous et voyage librement. Pas comme nous. On doit se détacher de tout pour y parvenir. Comme c'est écrit, on devine que c'est impossible. De plus, on aime retenir. Tout ce qui se barre. C'est une malédiction. Les éléments microscopiques de nos passés, pitoyablement bloqués dans nos mains serrées et solitaires, à présent. Comme si ça suffisait. On fait ça parce qu'on ne se souvient de rien, à cause de la peine. On ne se souvient pas des climatiseurs qui mélangent l'air à nos fluides et balance...

A date

Mary and Co
A  date
A date

Le soir, elle descend dans la rue par l'escalier de secours. Elle doit patienter plus longtemps l'été, car elle s'est laissé quelquefois surprendre par une fausse nuit, comme elle l'appelle maintenant. Un ciel bleu outremer avec des nuances de jaune. Lui, ça ne lui arrive jamais. Il connaît ces choses-là. Les fous sont connectés à la planète par une artère invisible ou un système de ce genre. Ils savent exactement quand le jour a complètement dégringolé. Quand il n'en reste plus aucune trace. À New York, cette particularité, c'est plutôt un avantage. Car que voit-on du ciel ? De fait, il est là,...

Pas de fantôme dans Central Park ( Il n'y a...)

Mary and Co
Pas de fantôme dans Central Park ( Il n'y a...)
Pas de fantôme dans Central Park ( Il n'y a...)

Il fait beau. Cependant, ça n'est ni l'été, ni le printemps. Une fin d'hiver, peut-être. Beaucoup se sont méfiés de la lumière solaire et sont sortis avec des vêtements chauds. Ils le regrettent, maintenant. Seulement, l'hiver, c'est l'hiver. Plus personne n'y croit, mais il faut s'accrocher à quelque chose. On y parvient de moins en moins. Les trois mille vies ôtées de Manhattan ont bousillé le climat pour de bon. Et c'est partout pareil. Dès qu'un trou se forme dans la couche humaine, on ne sait plus ni comment se fringuer, ni comment marcher. Comme si, soudain, on possédait des membres supplémentaires....