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Lunch poem

Mardi 30 octobre 2007 2 30 /10 /Oct /2007 20:17
 
Rien, sans doute rien qui s'oxyde. Rien qui parte en fumée. Des muscles et du métal. De la pierre de citadelle.  Des gaz échappés. Sous les tunnels. Rappelle-toi du jour ou tu as bouffé le plan de la première galerie empruntée. Recroquevillé près d'une flaque de gas-oil. Quelque chose s'y reflétait, une tache ronde lumineuse. Tu l'as brouillé d'un coup de pied. Puis, tu n'as plus rien aimé d'autre que le vert-de-gris et les éclairages limitant les identifications.
Tu dégages, allez ! la belle histoire à peine commencée. 

À Y. Kouton pour Gun (Rêve européen) ecume-2.jpg
Par Mary and Co - Publié dans : Lunch poem
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Mercredi 18 juillet 2007 3 18 /07 /Juil /2007 20:15
Quand je me sens comme le plus petit des oiseaux
Faut pas me chercher
Ça serait comme le coup de l'aiguille dans la meule de foin
Une peine perdue
Oh ! ça me rappelle
Un jour ça m'est arrivé
Une grande chance de l'avoir paumée
À la Battery ou plus tôt dans la journée
Parce que c'était une sacrée peine
Et quoi j'ai essayé de remettre la main dessus
Parce qu'en fin de compte elle me manquait beaucoup
Au point que de temps en temps
Je faisais semblant de l'avoir retrouvé
Je reniflais fort
Je frottais mes yeux avec du citron
D'une voix éteinte à trois heures du matin
Je disais au taxi de me déposer sur le Williamsburg Bridge
Quand je me sens comme le plus petit des oiseaux
Faut pas me chercher
C'est peine perdue
Par Mary and Co - Publié dans : Lunch poem
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Dimanche 1 juillet 2007 7 01 /07 /Juil /2007 15:38
Je veux voir New York où que je sois.
J'ai trop peur de partir sans avoir parcouru les innombrables artères humaines qui défilent sous le pont.
Merde ! j'aurai pu simplement m'asseoir et serrer une main tiède jusqu'à l'épuisement. Mais je ne veux rien de plus que l'éternité et l'amour inventé. Je ne crois pas qu'il en existe un autre.
Je veux New York où que je sois. Des murs crasses, des miles bétonnés où s'enferment les arbres pour mourir de vieillesse.  
Parce que quelquefois, la souffrance n'appartient qu'à moi. Et c'est bien trop de bruit pour rien. Un bruit qui couvre celui de la cité. Et ça irait si je n'étais pas là que pour écrire. Et même, ça rendrait immortel si tout durait toujours. Mais à part nous, il n'est pas de résistance.
Il m'arrive de rêver que la ville est noyée dans une brume dense. Et nous y trouvons notre chemin, malgré tout, par instinct. Et cela suffit.
Il m'arrive de rêver que je meurs tout de suite, pour qu'on en parle plus et que j'aie la vie devant moi.
Je veux voir New York où que je sois.
De toute façon, pour le reste c'est trop tard, mes pieds ne toucheront jamais terre.  
Par Mary and Co - Publié dans : Lunch poem
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Lundi 9 avril 2007 1 09 /04 /Avr /2007 22:10
Regarde-moi, frangin !
J'ai rendez-vous ici.
Faut te faire à ma gueule une heure ou deux.
T'aurais pas un miroir ? Je voudrais me refaire une beauté.
Non, je déconne. J'irai la chercher où ?
Allez ! t'as rien avec un reflet ? Sûr que ça me ferait moins marrer.
...
Je peux avoir quoi pour cinq dollars ?
Pas d'alcool, j'ai ma médaille des six mois.
Alors, ça ira.
...
Regarde-moi, frangin ! j'ai rendez-vous ici.
Le premier de toute ma vie.
On peut pas croire des trucs pareils quand on se les entend dire.
Le premier qui compte vu que l'issue en est fatale.
Mais non ! pas fatale comme tu crois.
Faut pas voir le malheur partout.
Pas tout de suite.
Fatale plus tard, forcément.
Je suis barrée, frangin !
Regarde-moi, regarde-moi !
Par Mary and Co - Publié dans : Lunch poem
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Lundi 5 février 2007 1 05 /02 /Fév /2007 22:42
The Grocery. J'ai rendez-vous ici. Pas celui de Brooklyn. J'entre et je m'assois à la table centrale. Un menu posé en paravent. Il y a plus d'empreintes sur sa couverture que dans les fichiers du F.B.I.
Mes pancakes se noient dans le sirop d'érable. Aucun instinct de survie. Pas comme les noix de pécan qui gardent la tête hors de l'eau. Si je n'avais pas défailli, à cause de la chaleur, je ne serais jamais entré ici. Ça me laisse le temps de regarder. Que des habitués avec des postures éponymes. Bras le long du dossier, jambe relevée sur la banquette, transpiration sous les aisselles, qui serait mal polie partout ailleurs. Le seul sourire, c'est le mien. Je l'enlève vite fait de mon visage cramoisi.
Tu entres. Tu rentres, en fait, car ce n'est pas la première fois. Je vois ça au hochement de ta tête vers la bonne personne. Le mec dont le casque de moto est posé près de l'entrée des toilettes. Ou dans les toilettes, je ne sais plus. Enfin, j'ai pissé en rêvant de la Californie et des initiales H.D., à cause de lui.
Tu t'assieds à la table centrale et d'un coup de dent, tu bousilles tous les espoirs de sauvetage de mes noix de pécan. Ce n'est pas grave. Plus tard, tu tiens ton verre de Coke des deux mains, comme pour te réchauffer, mais c'est pour le contraire que tu fais ça. Elles sont grandes, fines et mobiles. Des araignées aristocratiques. On calcule le pourcentage du pourboire. Non, pas nous. Une femme sur la table proche de la vitrine. Tu lui tournes le dos, définitivement. Eclairée par la lumière solaire.
 
Par Mary and Co - Publié dans : Lunch poem
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